Bienvenue au jardin botanique de Tours ! Ce parc historique est peuplé d’arbres centenaires. Au détour de ses allées vous croiserez d’antiques séquoias et un ginkgo vieux de 150 ans. Au bout de l’allée principale, vous tomberez nez à nez avec un étrange oiseau aux drôles de fréquentations. Un émeu partage son foyer avec des wallabies de Bennet et un couple de paons.

 


Les wallabies sont de petits kangourous originaires du sud de l’Australie. Cette joyeuse famille recomposée aura bientôt la joie d’accueillir quatre bébés wallabies. Après trente-cinq jours de gestation, les nouveau-nés entament l’ascension de la poche de leur mère. Ils y plongent pour trouver les tétines qui vont les nourrir pendant cinq mois, le temps d’être assez robustes pour affronter le monde extérieur.

Soudain, une frêle silhouette lance subrepticement le fruit défendu aux insouciants wallabies, qui s’empressent de festoyer avec leur ami le paon. Problème, « ce vieux bout de pain rassis va les assoiffer puis, au contact de l’eau, va se mettre à gonfler dans leur estomac », nous explique Héléne Lebocey, soigneur-animateur de la ville de Tours.

Auguste ne connaît pas la crise. Le pain dur, très peu pour lui. Tel l’empereur du même nom il est entouré d’une cour nombreuse. Il aime partager avec les poules graines et salades. Mais ne vous fiez pas à son air innocent. Le jour de notre visite, il venait de saccager une fois de plus sa pelouse, fraîchement refaite au printemps par les agents municipaux. « Si au moins il trouvait des truffes ! » s’exclame Hélène.




Elle le gronde, il grogne, pressentant la punition que va lui valoir son forfait. Comme à chaque fois elle le renvoie dans son enclos. Il s’exécute en rasant les petits murets de la cour ouverte au public. Tous les jours, Auguste et les autres reçoivent la visite de nombreux enfants.

Dans ce même enclos, les petits peuvent faire la connaissance de leur héros préféré : Batman. Cousin du putois, ce furet a la même odeur et ses dents pointues se sont plus d’une fois plantées dans les mains des animaliers qui s’en occupent. Hélène nous met en garde : « Il ne faut pas tirer sa main en arrière lorsque l’on est mordu par un furet mais garder son sang froid, le prendre par le cou et retirer délicatement sa dent de la chair ». Pour le moment, Batman et ses compagnes albinos passent l’hiver dans la doublure d’un vieux manteau, protégés par le toit en bois de leur petite bicoque.

Tout le monde n’est pas sensible à l’atmosphère fraternelle insufflée par Auguste. Deux vieilles pintades font bande à part. Lasses de leur mauvaise réputation, elles s’isolent et s’adonnent à d’interminables séances de commérages sur leurs voisins de basse-cour. Ces deux-là sont les seules à rester dehors quand il pleut, sous le regard moqueur de Batman, d’Auguste et des autres.

Autre exemple d’associabilité, Les « tortues hargneuses ». Carnivores, elles vivent coupées du monde, tentant de mordre quiconque s’approche d’elles. En ce moment, elles sont dans une petite maison en bois, chauffée à 25 °C, spécialement conçue pour l’hibernation des tortues. 

Le parc renferme de nombreuses espèces, dont les cistudes d’Europe. Leur survie est menacée par les tortues de Floride. « Un vrai désastre écologique ! » s’exclame Hélène. Les tortues de Floride sont interdites à la vente depuis 1997 mais continuent d’être vendues illégalement. Un commerce juteux aux conséquences écologiques désastreuses. Ces petits reptiles offerts aux enfants deviennent rapidement trop gros et trop voraces pour les propriétaires qui les rejettent dans la nature. Nos lacs sont peuplés de ces animaux qui déséquilibrent l’écosystème. Au jardin botanique les animaliers tentent de faire se reproduire les cistudes afin de participer à la survie de l’espèce.

Voici en exclusivité le trionix de Chine. Ce monstre traîne sa carapace molle dans un aquarium de la réserve du parc. Ses problèmes de peau nécessitent des soins particuliers et l’empêche d’être montré au public.

Il est temps de rétablir la vérité sur l’ours Sophie, dont le sort agite régulièrement l’agglomération tourangelle ! Loin d’être le martyr du jardin botanique, Sophie est simplement une très vieille dame qui connaît les douleurs de la vieillesse. Son regard malheureux est en partie dû à un problème de cataracte. Sa démarche fatiguée vient tout simplement de son arthrose. Comme tous les ours elle raffole du miel que les animaliers utilisent pour lui administrer médicaments et vitamines. Quant à son enclos petit et défraîchi, en changer serait pour elle un choc fatal et nécessiterai de l’anesthésier. Beaucoup trop risqué pour une si vieille dame.

Les canards sauvages aiment retrouver leurs amis sédentaires le temps d’un repas au bord du lac gelé. Ils y rejoignent les canards mandarins, les cols verts et les flamands roses. « Ce canard blanc se teinte peu à peu d’une couleur rose comme les flamands. On suppose que c’est à force de partager leur nourriture à base de crevettes», nous apprend Hélène.

Au centre du parc, il existe un endroit paisible où flotte encore dans l’air l’esprit noble du Cabinet des Antiques de Balzac. Fières et silencieuses, les cigognes sont les gardiennes de l’histoire des parcs de Tours où l’aristocratie du 19e siècle aimait se promener.

Infos pratiques :  Jardin botanique, 33, boulevard Tonnellé, 37000 Tours. Entrée libre. 
Horaires d’ouverture : du 1er novembre au 31 mars, de 7 h 45 à 17 h 30 ; du 1er avril au 31 mai et du 1er septembre au 31 octobre, de 7 h 45 à 19 heures. Enfin, du 1er juin au 30 septembre, de 9 heures à 20 heures.
La petite ferme est ouverte du lundi au vendredi de 8 h 30 à 11 h 30 et de 14 heure à 16 h 30 et les samedis dimanches et jours fériés de 14 heures à 16 h 30 

Texte et photos : Pauline André et Lucile Torregrossa