De nos jours, les cales du Paquebot sont plutôt bien remplies. Des boulangeries, des boucheries, des charcuteries ; mais également des poissonneries, des crèmeries, des étalages de fruits et légumes, une cave à vins. L’invitation au voyage est lancée tour à tour par un vendeur d’épices, par des traiteurs italiens et vietnamiens. La modernité s’est aussi installée : deux banques, une maison de la presse, une parfumerie et une enseigne de surgelés.

Pour regrouper tous ces commerces en un seul endroit, près de cinq années de travaux ont été nécessaires. À l’origine du projet, Jean Royer, le maire, qui, en septembre 1972, esquisse un plan d’aménagement et de rénovation des vieilles halles dans l’optique de redonner vie au quartier. Les travaux de démolition débutent en février 1976 et ceux de construction en avril 1977. L’inauguration des lieux, le 26 avril 1980, est précédée par l’ouverture au public des halles alimentaires, le 22 novembre 1979, pour profiter des fêtes de fin d’année.

L’idée d’installer une halle à Tours ne date pas d’hier. En effet, c’est en 1832 que le conseil municipal, chargé une commission d’étudier des projets d’édification, mais, faute d’argent,le projet est repoussé pendant plus de trois décennies. Il faudra attendre 1864 pour que le premier coup de pelle soit donné à un bâtiment à l’architecture métallique, comme celles des halles de Paris réalisée par Victor Baltard. L’inauguration, en présence des autorités civiles et militaires, eu finalement lieu le 15 août 1866 ; une date choisie parce qu’elle correspondait à la fête de la Vierge Marie et à la Fête Nationale de l’Empire.

Le choix de la place de l’emplacement de ces halles n’est pas anodin. Il se fait dans la continuité car déjà, au début du XIXe siècle, la place d’Aumont (aujourd’hui place des Halles) accueillait un grand marché. Ce dernier était vraiment important aux yeux de la municipalité au point que les rues qui y menaient furent modifiées pour favoriser sa fréquentation. La collégiale Saint-Martin fut même rasée en partie pour aménager un passage régulier et linéaire de la rue Nationale à la fameuse place (ce passage n’est autre que l’actuelle rue des Halles).

Depuis, les halles attirent toujours autant de monde. Les produits qui y sont proposés sont de qualité, l’ambiance y est chaleureuse. Quelques personnes viennent ici juste pour se promener, humer les odeurs alléchantes. Le Navire n’est pas prêt de couler.

Au premier plan, une partie de l’ancienne collégiale Saint-Martin. Une autre est visible à l’arrière plan.

Merci aux archives historiques municipales de Saint-Eloi et à la mairie de Tours.

Julien LE BLEVEC et Nicolas LOISEL

Photos : Nicolas LOISEL