La place Plumereau en 1967, Archives municipales de Tours

A l’époque, il n’y avait ni bar ni de restaurant, ou si peu, mais des petits commerces et des artisans : ateliers de cuir, porcs en gros, sécherie de bananes… Pas de jeunes fêtards – qui préféraient alors la place du Palais (actuelle place Jean-Jaurès) –, mais des ouvriers. Bruyante, elle l’était tout autant qu’aujourd’hui, mais d’une autre musique : celle des voitures et des outils. Au cœur de la place, aucun piétons, mais un grand parking.

Les maisons, datant du XVe et XVIe siècles y étaient insalubres, vétustes et n’attiraient pas la bourgeoisie tourangelle. Près de la moitié des appartements étaient surpeuplés et 94 % des logements ne possédaient pas de salle d’eaux. De nombreux immigrés aux revenus modestes y étaient installés, notamment des Portugais. Ce sont eux qui donnaient vie à ce quartier populaire.

A la fin des années cinquante, la municipalité envisagea de tout raser. Son projet : bâtir un Sanitas bis. Mais l’architecte Pierre Boille, heureusement, avait un autre plan : restaurer le vieux Tours.

Maquette de la place Plumereau rénovée. Archives municipales de Tours.

Il lui faudra plus de vingt ans, avec l’aide de Jean Royer, le nouveau maire de l’époque, pour donner à la « place Plum’ », ce caractère qui fait aujourd’hui son succès. Un modèle de rénovation urbaine qui inspirera de nombreuses autres villes de province.

Place Plumereau, travaux de voirie. Archives municipales de Tours.

Parmi les riverains ayant connu l’ancien visage, les avis divergent. Sur la mauvaise réputation d’alors, la violence notamment, tous s’accordent. Mais tandis que certains se félicitent du travail accompli, d’autres sont plus nostalgiques. C’est le cas de Sylvestre. Tourangeau depuis quarante ans, il se souvient avec émotion de l’atmosphère qui régnait auparavant. « Une autre âme ». Celle d’une vie populaire et de proximité.