« Le samedi 28 mars, de 20h30 à 21h30 la planète a besoin de tous, elle a besoin de vous ! » C’est par ce slogan que Serge Orru, directeur général de WWF-France a lancé, mi-février, la campagne nationale du Earth Hour  (l’heure de la Terre). Le principe ? Dans plus de quatre-vingts pays, citoyens et institutionnels coupent l’électricité l’espace de soixante minutes. Cette action symbolique a pour but de sensibiliser à la lutte contre le réchauffement climatique. « L’objectif n’est pas de réduire notre consommation d’énergie et les émissions de CO2 durant une heure ! Il s’agit d’envoyer un message d’engagement », explique Orru. Les plus grandes villes françaises se sont jointes à l’invitation. Paris, qui s’est engagé, avec le plan climat, à diminuer de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre, a plongé dans l’obscurité deux cents de ses monuments. La ville de Tours a, quant à elle, symboliquement éteint la façade de l’hôtel de ville.



Le Earth Hour est né l’année dernière suite à l’initiative de WWF-Australie. Reprenant une idée française de 2007, où trois millions de foyers avaient coupé l’électricité durant cinq minutes, l’association a voulu rendre la manifestation plus impressionnante en l’étendant au monde entier durant une heure. Le Fond mondial pour la nature souligne l’intérêt de cette opération à quelques mois du sommet de l’ONU sur le changement climatique à Copenhague (Danemark), en décembre prochain.Le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, devra être remplacé par un autre texte, voté durant ce sommet mondial.  « Plus les citoyens et les institutions seront mobilisés, plus les gouvernements devront prendre en compte la voix des peuples. »


Par sa simplicité et son côté ludique, ce type d’action a été très suivi par la population. Mais fait-il vraiment prendre conscience aux citoyens des enjeux climatiques ?  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), chargé d’évaluer le risque de changement climatique, a conclu que l’essentiel du réchauffement observé au cours des cinquante dernières années, était imputable aux activités humaines. Il prévoit une augmentation de la température moyenne mondiale de 0,2 °C par décennie. D’ici la fin du XXIe siècle, le niveau moyen des mers devrait augmenter de 18 à 59 centimètres. Un adoucissement thermique qui aura aussi des conséquences sur la vie de la faune et de la flore. Si des initiatives comme Earth Hour permettent de se rappeler que la bataille contre le gaspillage d’énergie est l’affaire de tous, elles restent encore bien insuffisantes.

Aurore GAYOD

PS : On peut éteindre les lumières des principaux monuments du monde en cliquant sur les photos publiées sur le site The Big Picture, sur Boston.com.