Denis Raimon habite, avec sa famille, une jolie maison rénovée du quartier des Prébendes, à Tours. L’économie d’énergie, le bien-être et le bio sont des préoccupations essentielles de sa vie quotidienne. Professeur d’électricité depuis 1995, il coupe le courant la nuit dans les chambres : « Ainsi, il n’y a plus de tension et l’on dort mieux. »  Ce n’est pas forcément son activité qui l’a incité à faire le choix de l’écologie, mais une conviction personnelle, partagée par sa femme. Chez lui, tous les fils électriques sont blindés. Pas pour économiser de l’énergie, mais pour préserver la santé de tous. « Les fils dégagent des ondes magnétiques nocives qui émettent plusieurs mètres autour d’eux, affirme-t-il. Des études ont été menées sur le sujet, mais elles sont très peu diffusées car les intérêts économiques sont trop forts. »
Le couple est bio jusqu’au bout des ongles. Pour l’isolation de la maison, ils ont utilisé du chanvre et pour les murs des peintures sans solvants. Leur alimentation suit aussi les règles de l’économie d’énergie. « Nous réfléchissons à la façon dont nos aliments arrivent jusqu’à notre assiette. Jamais nous n’achèterions de fraises venant du Brésil. » Adhérents à la Coop bio de Tours depuis de nombreuses années, ils s’approvisionnent également chez un maraîcher de Fondettes. Les Raimon tentent de transmettre ces valeurs à leurs enfants. Et ça à l’air de fonctionner : « Ils ne réclament jamais d’aller manger au fastfood et n’ont pas de téléphone portable. Ils se portent très bien. »




Patrice Chican est, lui, conseiller en maîtrise de l’énergie et en énergies renouvelables. Sa petite entreprise, nommée Vivre et Habiter Autrement, est basée en Charente-Maritime, mais a un bureau à Tours. Elle propose des bilans énergétiques aux particuliers. Après visite de la maison ou rendez-vous, l’expert définit les matériaux et les isolants qui lui sont les mieux adaptés.
Son objectif numéro un : chasser la perte d’énergie. Et pour cela, il dégaine sa caméra thermique à infrarouges pour détecter la chaleur qui s’échappe de la maison par les fissures, le toit ou les ouvertures. Peu de gens sont au courant de ces techniques qui permettent d’évaluer le profil énergétique de chaque habitation, mais sla fréquentation de son stand, lor des salons, est en nette augmentation. « Les particuliers savent maintenant qu’ils peuvent bénéficier de crédits d’impôts pour de tels projets. »
Entre 50 % et 75 % de ses clients engagent réellement des travaux après l’avoir consulté. Ce qui marche le mieux, en ce moment, c’est la pompe à chaleur. Elle consomme trois fois moins qu’un radiateur. Autre produit en vogue, le chauffe-eau solaire : il permet de diminuer la consommation d’eau chaude, d’environ « 200 euros pour une facture annuelle de 400 euros. »





Patrice Chican enregistre aussi une hausse des demandes en matière de photovoltaïque (panneaux solaires). La revente d’électricité à EDF permet des déductions de facture mais « elles ne sont pas mirobolantes ». Le coût de l’installation est élevé : 1000 euros le mètre carré. Et il en faut au moins 20 pour couvrir toutes ses dépenses d’énergie. « C’est un peu la cerise sur le gâteau. Il faut d’abord avoir une maison bien isolée, qui consomme raisonnablement et de façon sensée. Il ne sert à rien de mettre des panneaux solaires sur le toit d’une maison pas du tout écologique. Il y a de nombreuses choses à faire avant d’investir. »
Marion Deslandes