Qu’est ce qui distingue le cinéma animalier de celui de fiction ?

En fiction, tout est calé et cadré. Avec les animaux sauvages, c’est différent. Même si le projet est scénarisé, il y a une grande part d’improvisation. Il y a des films pour lesquels on utilise des animaux imprégnés. On les dirige comme des acteurs. Ils sont dressés et habitués à faire ce que l’on veut. Pour mon film sur les sangliers, nous avons utilisé des marcassins que nous avons élevés nous-mêmes. Mais c’est plus rare.

Face aux imprévus, quel est le comportement à adopter ?

Il ne faut jamais perturber les animaux et être attentif à leurs comportements. L’équipe anticipe au maximum les imprévus en effectuant un long travail de préparation. L’aide des scientifiques, des naturalistes et des gardes forestiers, qui connaissent le terrain par cœur, est indispensable. Après quelques repérages, nous  installons le matériel à l’avance pour habituer les animaux à notre présence. Cette préparation est essentielle pour passer le minimum de temps sur les prises de vue. De temps en temps, il faut faire preuve de beaucoup de patience pour obtenir une séquence. Sur le tournage des Animaux amoureux, j’ai passé jusqu’à neuf jours dans une cabane minuscule pour obtenir trente secondes de la danse du paradisier de Lawes, un oiseau de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Quelles sont les qualités essentielles pour être un bon réalisateur de films animaliers ?

Outre l’expérience et l’habitude, le réalisateur passe plus de temps avec ses jumelles qu’avec sa caméra. Il doit aimer l’environnement et la faune. Mais depuis une dizaine d’années, les documentaires animaliers sont à la mode. Avec les demandes des chaînes de télévision, beaucoup de producteurs et de réalisateurs se sont engagés dans cette voie. Non pas par amour de la nature, mais parce qu’ils y ont vu quelque chose de rentable. C’est un peu regrettable.

V.D.S, N.F, J.L.P, V.T.L