L’effarouchement consiste à se débarrasser des oiseaux, comme les pigeons, qui envahissent certains lieux publics au moyen de rapaces dressés. A l’usine Manito d’Ancenis, fabricant de matériel de manutention, quelque trois mille goélands se posaient chaque soir sur les 14 hectares de toitures, engendrant une forte puanteur. Paul Lefranc et son équipe y ont donc introduit deux faucons qui sont partis en vol d’attaque pour procéder au « nettoyage ». Résultat : trois volatiles capturés et le reste de la bande effrayé pour quelques jours.
Pour que l’efficacité soit optimale, il faut recommencer une fois par semaine jusqu’à disparition totale des squatteurs. Après avoir essayé les ultra-sons, les répulsifs chimiques ou encore les silhouettes épouvantails, de plus en plus de clients s’adressent aux effaroucheurs, encore peu nombreux en France.
Cette méthode naturelle ne fait pas pourtant l’unanimité en raison de sa brutalité : les prédateurs infligent en effet à leurs victimes des blessures pouvant entraîner la mort. Elle est notamment fustigée par l’Association Stéphane-Lamart, pour la protection des animaux, et les associations de défense des oiseaux de ville. Elles considèrent cette technique coûteuse et inefficace car il faudrait que les rapaces soient présents en permanence pour éviter que les « nuisibles » ne reviennent. Enfin, lâcher des volatiles prédateurs en milieu urbain n’est pas sans risques. Un article du site lepoint.fr daté du 11 septembre 2008 évoque une intervention de Paul Lefranc en 2007, sur la terrasse du restaurant du musée du quai Branly. Après avoir chassé les mouettes, les faucons ont échappé au contrôle de leur maître pour aller chasser quelques corbeaux sur le champ de Mars, effrayant ainsi les passants.

V.D.S, N.F, J.L.P, V.T.L