Un stand aux airs de cabane, des rires et des jeux : nous sommes bien dans le royaume des enfants. « Goûtez tous ce morceau de gâteau. Alors, est-ce fondan ? Plutôt croquant ? Moelleux ? Ou croustillant ? » demande Angélique, l’animatrice, salariée de Slow Food Perpignan. Assis autour d’elle, les gamins attentifs et studieux ne ratent pas une miette de cette dernière étape de l’atelier « Eveil des sens ». Pendant quarante-cinq minutes, les enfants mettent à l’épreuve leur cinq sens avec des jeux éducatifs. La jeune femme conclut : « Une fois à la maison, n’oubliez pas : regardez, sentez, touchez, goûtez et écoutez. Dégustez les aliments et surtout prenez le temps. »

La leçon semble bien retenue par les enfants qui retrouvent leurs parents. Magali, maman du petit Mathis, 3 ans, explique que cet atelier « est l’occasion pour lui de découvrir de nouvelles saveurs et de tester des produits inconnus. Il est très gourmand, il aime manger de tout. Je pense qu’il est essentiel de poursuivre son éducation en la matière » Le mouvement Slow Food répond parfaitement à la préoccupation des parents face à la malbouffe et à leur volonté de ne pas reproduire le shéma « métro-boulot-plat surgelé -dodo ». Elle a donc prévu des programmes éducatifs pour les gastronomes en culottes courtes. Des adhérents interviennent dans les écoles et au sein des conviviums (nom pour les groupes locaux) avec des projets divers : jardins, cours de cuisines ou travaux pluridisciplinaires autour d’un légume. « Les ateliers proposés lors du salon Euro Gusto sont validés par Slow Food. A l’aide de ces outils ludiques, nous souhaitons transmettre les valeurs du ‘‘bon, propre et juste’’ aux jeunes, détaille Angélique. Je suis membre de Terra Madre (réseau créé par Slow Food en 2004), j’interviens également dans les écoles de ma région avec des projets pédagogiques sur l’agriculture et la consommation. »

Vous l’aurez bien compris, apprendre et découvrir la gastronomie, ce n’est pas qu’une affaire de grands. Raphael, 9 ans, venu spécialement de Strasbourg avec ses parents adhérents Slow Food, a bien retenu la leçon : « J’adore cuisiner et aller au marché. Je suis très gourmand et j’aime que maman me fasse à manger tous les midis. A la cantine c’est un peu moins bon, et puis, on n’a pas le droit de se resservir ! A la maison, on mange ensemble et sans télé. » Interrogé sur les fast-food, le blondinet répond en souriant : « On y va quand même de temps en temps, même si maman et papa n’aiment pas trop. » Le garçon – grâce à ses parents – semble donc avoir parfaitement intégré les principes Slow Food. Mais d’une voix malicieuse, il confie : « Des fois, c’est un peu exagéré ! C’est bon, on a compris. Nous rabâcher quinze fois “mange cinq fruits et légumes par jour” ça me fait rigoler. On est petits mais pas bêtes ! »

Charlotte BAHUON, Thomas DUSSEAU, Clémentine HILLAIRET, Marion POUPART