Photo : Magali Lagrange

Il n’y aura bientôt plus de bobines dans les cinémas. Les traditionnels projecteurs 35 mm vont devoir céder la place à des équipements numériques. Dans un climat déjà tendu, cette évolution est loin de faire l’unanimité. Car elle coûte très cher : près de 80 000 euros pour un seul projecteur, selon un rapport récent du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Pour les multiplexes, aucune difficulté à passer au numérique. Les grands groupes peuvent se permettre d’investir d’importantes sommes. Les petites et moyennes salles françaises sont, pour leur part, dépassées. Leur trésorerie n’est pas toujours suffisante. Et certaines risquent de devoir fermer. Cela conduirait à une plus grande standardisation des exploitants et profiterait aux plus gros, argumentent les petits.

Alerté, le CNC souhaite mettre en place un fonds de mutualisation. Il prendrait en charge le coût du passage au numérique à hauteur de 75 %. Les grandes enseignes verseraient une somme forfaitaire. Mais il ne s’agit encore que d’un projet.

Autre sujet de controverse, l’avantage pour le spectateur. Alors que l’apport des principales évolutions techniques précédentes est visible (son, couleur, dolby digital), celui du numérique est contestable. Comme pour la photographie, certains jugent l’image numérique plus plate, moins profonde.

Alors, pourquoi vouloir passer au numérique ? Parce que la baisse des coûts sera significative pour les distributeurs : le film sera distribué par disque dur ou satellite. C’est bien pour cette raison que les grands studios américains sont les premiers à défendre ce procédé.

Mais les économies ainsi réalisées entraîneront immanquablement des destructions d’emplois à différents niveaux de la filière. Pour nombre de monteurs, de transporteurs de pellicules et de projectionnistes, le passage au numérique sera le clap de fin.

K. B., M. C., M. L., J. P.