Les cinémas Utopia ont leur méthode anticrise. Utopia est une enseigne, au même titre que ses grandes concurrentes – UGC, Gaumont ou CGR. À une différence près : chacune des salles est libre de sa programmation, comme pour les salles indépendantes. Mais, contrairement à ces dernières, leurs finances sont au beau fixe.

Patrick Troudet, programmateur à l’Utopia de Bordeaux depuis 1986, donne sa solution aux problèmes rencontrés par les petites salles :

Le responsable de l’Utopia de Toulouse, Guillaume Louradour, dénonce « l’industrialisation du cinéma » à laquelle concourraient les grandes salles. Alors que la plupart des grands complexes gardent à l’affiche les petits films à peine une semaine, l’Utopia leur laisse du temps. Good Morning England de Richard Curtis est sorti en mai 2009. Même s’il est disponible en DVD depuis un mois, l’Utopia toulousain le diffuse toujours... et fait salle comble. Il faut savoir faire des choix. Guillaume Louradour considère que les sorties nationales ne sont pas sa priorité. La diffusion sur une longue durée lui permet de privilégier les films d’auteurs. Et de faire ainsi de son cinéma un lieu convivial, bien loin des grands complexes.

Il refuse également la réduction de la part des distributeurs dans le prix d’un billet. « Le billet à 50/50, les petits distributeurs en ont besoin pour financer leurs films », explique-t-il.

La solution à la crise des cinémas ne serait donc qu’une question de concessions, de priorités, et d’humanité.

K. B., M. C., M. L., J. P.