Jimmy Gavroche, ( à gauche), le catcheur qui monte, qui monte. DR


« A six ans, je me levais à 6 h 30 tous les samedis pour regarder les matchs à la télévision. Il ne fallait pas venir me déranger ! » Mais à l’époque, il n’y avait guère de salle pour accueillir le jeune fan qui se tourne alors vers le judo. A 15 ans, Jimmy tombe par hasard sur le site internet de la Wrestling Stars, une des plus grosses fédérations de catch en France. C’est la révélation. « Je me suis dit qu’après avoir passé tant d’années à regarder mes idoles sur le petit écran, il était temps que je passe à la pratique et que je devienne une idole. »

Jimmy commence par effectuer des stages de catch et intègre par la suite l’école française de catch. Lieu où il rencontrera son mentor, Flesh Gordon. Avantagé par son expérience des arts martiaux, le futur Gavroche n’a peur de rien. « Quand on sort d’un match de catch, on a des douleurs à toutes les articulations. C’est un truc de dingue ! Mais on prend tellement de plaisir qu’on n’a qu’une hâte : retourner sur le ring. » Le succès peut coûter cher comme en témoigne une « double entorse » ou « une clavicule déplacée à vie ». Il insiste en déclarant qu’il est hors de question de laisser dire que le catch est une parodie de sport. « C’est un sport de combat où on donne de vrais coups. Je dirais qu’il y a 10 % de spectacle et 90 % de sport. La partie spectacle étant l’entrée du catcheur sur le ring. »

Jimmy apprend vite. L’élève est persévérant et doué. Adepte de la voltige, il adore toutes les prises aériennes qui deviendront sa marque de fabrique. Peu à peu, son personnage de Gavroche – en référence au célèbre gamin des Misérables, de Victor Hugo –  se dessine sous les acclamations du public. « Le personnage est en fait la continuité de la personnalité du catcheur. Il est présent dès le départ. Mais vous ne savez pas encore qui c’est », précise le titi parisien. Jimmy a conscience d’avoir accompli d’énormes progrès en peu de temps. Avec deux à quatre heures d’entraînement par jour, sa passion occupe une place majeure dans son quotidien. Mais, « ne pouvant vivre du catch », le champion poursuit ses études et prépare un master en immobilier au Conservatoire des arts et métiers de Paris. Ce qui ne l’empêche pas de s"investir à fond dans sa discipline puisqu’il a pris le relais de ses professeurs et propose des stages pour la faire découvrir. D’ailleurs, il n’est pas exclu que le champion de France, qui devra défendre à nouveau son titre le mois prochain, donne des cours catch à Tours. Avis à tous les intéressés.

V. D. S, N. F., J. L. P, V. T. L.