Des couleurs chatoyantes, des personnages attachants ou énervants, des histoires de rivalités et, surtout, de la bagarre, des coups de poing, des coups de pied, des sauts de l’ange avec atterrissage contrôlé droit dans les abdos : le catch signe son grand retour. Dans les cours de récréation, on commence à parler du lutteur Batista autant que de Tony Parker ou de Karim Benzema. Le nombre de publications sur le « Catch-as-catch-can » (attrape comme tu peux) explosent. Les chaînes de la TNT, NT1 en tête, retransmettent les galas de la WWE et battent des records d’audience. Des clubs se créent partout en France, tournés, pour la plupart, vers le loisir. « On offre un défouloir aux gamins qui viennent s’inscrire, confie Bruno Benoit, directeur de l’école de catch d’Amboise en Indre-et-Loire, créée en septembre 2009. Ils regardent tous le catch à la télévision et veulent faire pareil. Alors, il vaut leur apprendre comme il faut. » « La Panthère Rose », « Lady C » ou encore « Black Tiger », à Amboise, les élèves ont chacun leur nom de scène. Ils s’échauffent et entrent dans le vif du sujet en enchaînant les prises enseignées par le professeur. Ce dernier insiste bien : « On fait semblant ! » On apprend les techniques du catch comme on apprend celles du karaté ou de la boxe : on regarde et on imite.


A l’école d’Amboise, on regarde et on imite… (© VTL)

Absence de réglementation

Marc Mercier, actuel président de la Fédération française de catch professionnel déplore la création d’écoles à tout va. Un paradoxe qu’il explique : « Elles sont dangereuses, car le catch y est enseigné par des personnes non-professionnelles. On voit des enfants de 8 ans qui font des mauvaises chutes alors que leur croissance osseuse n’est pas terminée. Je pense qu’on ne devrait pas commencer avant 14 ans. » Fort de ce constat, cet ancien champion du monde a créé sa propre structure, la Catch Academy, pour former des catcheurs destinés à entrer dans le circuit professionnel. Il regrette l’absence totale de réglementation. « Avec tous les accidents qu’il y aura en 2010, le ministère sera obligé de faire quelque chose. » Car, curieusement, la discipline n’est pas reconnue par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour qui « les rencontres professionnelles étant arrangées à l’avance, cette pratique ne répond pas aux critères d’éthique, d’équité sportive et d’aléa du résultat permettant de la considérer comme discipline sportive ».

Conséquence, aucune fédération ne délivre donc de diplôme reconnu. A Amboise, Bruno Benoit possède une formation de professeur de boxe. Il a suivi quelques stages de catch et enseigne chaque semaine à une vingtaine d’élèves. Mais il n’a eu besoin d’aucune autorisation particulière. Il s’inquiète, lui aussi, de ce vide juridique : « Aujourd’hui, n’importe qui peut créer une école de catch, explique-t-il. Il suffit de créer une association, de disposer d’une assurance et d’un lieu pour pratiquer. » Pour le moment, aucun de ses élèves n’a eu d’accident.

 
Kévin, 15 ans, vient s’entrainer tous les vendredis à Amboise. - © VTL
Dossier réalisé par Véronique DE SA, Nicolas FRANÇois, Jeanne LA PRAIRIE et Victor TRIBOT LASPIERRE

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