Quand avez-vous eu l’idée de raconter votre histoire dans une bande dessinée ?

Denis Robert : L’auteur de BD Yan Lindingre, avec qui j’ai signé L’Affaire des affaires, est mon voisin. L’idée nous est venue en 2006, au commencement de l’affaire Clearstream. Pendant nos séances de footing en forêt, je lui racontais ce qui m’arrivait. Il a commencé à m’envoyer des croquis. Le premier tome comprend au moins six cents planches, c’est un gros travail. Plusieurs éditeurs ont tout de suite aimé le projet. Maintenant, deux tomes sont déjà parus, et nous travaillons actuellement sur le troisième volet de la série.

Pourquoi avoir choisi le genre de la BD pour relater des faits aussi complexes ?

D.R. : Ce choix s’est imposé très vite. J’avais déjà traité la première affaire sous forme de livre et de documentaire. Or la BD suppose la simplification d’une question très complexe. Elle permet également d’atteindre un public différent. Les messages de soutien et les réactions à mon égard se sont multipliés. Je reçois des mails, des courriers, des messages sur Facebook. Il y a une empathie qui se crée autour de moi, puisque je suis devenu un personnage de papier. Et puis les gens découvrent ma vraie personnalité. Alors qu’ils m’imaginent déprimé, abattu, ils se trouvent face à un personnage provocant qui a de l’humour.

Vous étiez poursuivi dans l’affaire Clearstream pour recel d’abus de confiance et recel de vols. Vous avez été relaxé le 28 janvier 2010. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

D.R. : Je suis évidemment soulagé, même si la relaxe était attendue. Cette décision constitue surtout une bonne nouvelle pour tous les journalistes français, car elle crée une jurisprudence. Cela a rassuré les centaines de milliers de personnes qui exprimaient leur inquiétude sur la mise en danger du travail des journalistes. Et je n’exagère pas le chiffre ! Je ressens comme un phénomène d’osmose. C’est assez réjouissant !

K. B., M. C., M. L., J. P.