Ullcer supervise l’atelier BD. (© Kevin Bertrand)

Une voix de femme retentit dans les haut-parleurs de la Fnac : « Atelier BD. Créez votre propre scénario avec le dessinateur Ullcer. » Pour l’occasion, le magasin a aménagé un espace dans un coin du rayon bandes dessinées, au bout d’une longue allée. Trois tables basses blanches y sont disposées, sur lesquelles sont placés crayons et papier, le matériel de base pour dessiner.

Autour, cinq apprentis dessinateurs sont installés sur des coussins et des tabourets, en demi-cercle. Le profil des personnes présentes est divers, du graphiste professionnel à l’élève en art appliqué, en passant par l’instituteur. Une jeune lycéenne souhaite perfectionner ses techniques afin de présenter un concours organisé en marge du festival d’Angoulême. L’enseignant, lui, est venu glaner quelques conseils afin de travailler avec les enfants sur l’univers de la BD.

Le maître de cérémonie de la journée, c’est Ullcer. De son vrai nom Johann Leroux, cet auteur de bandes dessinées appartient à l’atelier Pop, un collectif de créateurs implanté à Tours. Il a notamment travaillé sur la série Harley & Davidson et va publier, en mars prochain, le premier tome de Vents contraires en collaboration avec le scénariste Régis Hautière (éditions Delcourt).

Pour ses élèves, Ullcer a préparé un exercice bien particulier. Il a réalisé, sur une feuille A3, une première case dans laquelle est représenté, sans aucune autre indication, un astronaute marchant sur le sol aride d’une planète. Chacun doit poursuivre l’histoire en laissant libre cours à son imagination.

Les apprentis artistes réalisent au préalable un brouillon - un storyboard comme l’appelle les professionnels - où ils inscrivent au crayon à papier les éléments de leur histoire. À partir de cette ébauche, ils élaborent leur page.

La création d’un brouillon d’une page de BD. (© Kevin Bertrand)

Quand vient l’étape de l’encrage, les mains tremblent sur le papier, de peur de faire une tache. Ullcer passe entre les tables pour rassurer ses troupes et observer l’avancement du travail. Les questions fusent et le dessinateur glisse des conseils pratiques à l’oreille de chacun : « Le plus simple est de partir sur trois bandes. » « Change de cadre pour donner du mouvement à ton action. » « Rends tes personnages reconnaissables par des points distinctifs... »

En deux heures, les étudiants d’un après-midi ont déjà beaucoup appris. Ils repartent, leur planche dessinée sous le bras et la tête bien remplie. Quelle leçon retiendront-ils ? Sans doute que la création d’une bande dessinée ne s’improvise pas.

K. B., M. C., M. L., J. P.