Photo : Julien Pépinot

« À l’approche du festival d’Angoulême, attendez-vous à voir fleurir la bande dessinée dans tous les médias généralistes et profitez-en, car ce sera la seule fois de l’année », peut-on lire sur le site Internet de BD Bodoi. « La presse, souvent discrète tout au long de l’année, déploie ses numéros spéciaux », ajoute un journaliste sur actua BD. C’est notamment le cas de Marianne. Mi-janvier, l’hebdomadaire a sorti, en partenariat avec Le Magazine Littéraire, un hors-série dédié à la bande dessinée.

Ce sont les articles sur Blutch, président du jury du festival cette année, qui ont été les plus nombreux. Télérama lui a par exemple consacré un portrait, tandis que Les Inrockuptibles et Le Monde (dans son supplément Le Monde des livres) l’ont tous deux interviewé.

Cette frénésie a aussi été le moyen de faire connaître au grand public certains sous-genres du neuvième art. Le Point a notamment réalisé un article sur Joe Sacco, inventeur du journalisme d’immersion en bandes dessinées, genre dont on entend peu parler. Le Pèlerin s’est pour sa part intéressé aux mangas et plus particulièrement aux mangas chrétiens. L’Express a, quant à lui, consacré quatre pages au retour de la bande dessinée érotique.

La plupart des quotidiens régionaux comme nationaux n’ont, eux, traité du festival d’Angoulême qu’à partir de son lancement. Relevons la particularité de l’édition du jeudi 28 janvier de Libération. De la première à la dernière page, le quotidien a remplacé toutes ses photos par des dessins et ouvert ses pages à une vingtaine d’artistes. Son supplément livres est entièrement consacré aux bandes dessinées.

Les stations de radio se sont également emparées du phénomène. France Inter, partenaire du festival d’Angoulême, a ainsi prévu trois émissions spéciales en direct. Jeudi 28 et vendredi 29, Philippe Audoin, spécialiste BD, est intervenu à de nombreuses reprises sur l’antenne du Mouv’ pour faire un point sur le festival. France Culture a aussi largement traité de la bande dessinée dans deux de ses émissions.

Finalement, cet intérêt soudain des médias généralistes pour la bande dessinée ne sera probablement, cette année encore, que passager. Dans quelques semaines, elle retombera progressivement dans l’oubli médiatique. Jusqu’au prochain festival…

K. B., M. C., M. L. , J. P.