La ville de Chinon a décidé d’aller au devant de la loi. « Nous avons voulu nous mettre à l’écoute des voyageurs et leur offrir une réponse adaptée », explique Antoine Borgne, responsable de l’urbanisme dans la commune.
En 2006, la mairie décide de tenir compte de la spécificité des gens du voyage dans le nouveau Plan local d’urbanisme (PLU). Trois familles présentes sur la commune depuis une quinzaine d’années et propriétaires de leurs terrains, sont au centre d’un projet d’habitat. Une initiative qui pourrait à terme accueillir d’autres familles dans un lotissement mélangeant caravanes et constructions en dur, locatif et accès à la propriété.
Seulement voilà, quatre ans après le lancement du plan, rien ne se concrétise. La bonne volonté a fort à faire face avec les lenteurs bureaucratiques. Toutefois le conseil général pourrait soutenir le projet et financer une étude sur les besoins en sédentarisation des gens du voyage.
En attendant, le conseil municipal reconnaît la caravane comme habitat principal. A la condition qu’elle soit accompagnée d’une construction en dur. Elles-mêmes acceptées par la mairie. Une décision prise en toute connaissance de cause.
« Lien social et confiance mutuelle sont nécessaires pour mener à bien un projet de ce type. La population des voyageurs, de part son mode de vie marginal, est difficile à intégrer dans le droit commun. » Antoine Borgne sait de quoi il parle. Aujourd’hui, les rapports qu’il entretient avec les familles sont plus difficiles. Ne voyant rien venir, celles-ci commencent à perdre patience. Une impatience qui pourrait mettre en péril tout le travail accompli depuis quatre ans.