Façade du Bateau Ivre Ouvert depuis 1982, le Bateau ivre s’est imposé dans le paysage culturel tourangeau.

Emballé par le lieu, c’est Jack Lang qui, en 1989, avait poussé l’État et les collectivités (mairie et région) à soutenir le Bateau ivre. Depuis la salle de spectacles est devenue un lieu mythique des nuits tourangelles. Mais en 2003, la direction régionale des affaires culturelles du Centre (Drac) a réduit ses subventions annuelles de 30 000 à 15 000 euros. Avant de les supprimer totalement en 2007. D’après Frédéric Lombard, responsable du pôle musique actuelle, ce retrait de l’État n’a pas mis la structure en danger à l’époque. Si cette décision a été prise, c’est parce que le Bateau ivre ne s’inscrivait plus dans la ligne artistique voulue par la Drac. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle déplorait « la dilution du projet artistique », puisque la salle proposait une programmation multiple mêlant musique, théâtre et one-man-show. Et « lorsque nous aidons une salle, précise Frédéric Lombard, nous portons une attention particulière à l’accompagnement d’équipes artistiques et à l’aide au démarrage de jeunes artistes. Or le Bateau Iire ne remplissait pas assez ces exigences ». Enfin, un manque de collaboration avec les autres structures culturelles de la ville aurait également influencé la décision des services de l’État.

La région Centre a ensuite supprimé sa subvention de 15 000 euros en 2007. Seule la mairie a soutenu financièrement la salle jusqu’à sa fermeture. Car faute de financements, la propriétaire du lieu, Gisèle Vallée a dû renoncer à gérer son Bateau. Elle s’est résolue à le vendre.

Le Bateau a ainsi organisé sa soirée de clôture le 21 décembre. Ce final était orchestré par le Tourangeau Frédo Volo venu présenter son one-man-show : « Est-ce qu’il y a des morts ? » Pour la dernière fois, le public a pu s’imprégner de l’atmosphère si particulière du lieu.




M. B., A. D., J. I., É. W.