DSC_0830.jpgIl arrive au volant de sa Jeep. Un de ses acolytes agite un drapeau français par le toit ouvrant. Fabien Ollivier, secrétaire du Front national de la jeunesse (FNJ) de la région Centre, part en mission collage dans le canton rural de Château-la-Vallière (Indre-et-Loire). À 25 ans, il est candidat pour les cantonales de mars 2011. Six villages à parcourir ce jour-là, en une heure et demie.
Cheveux ras, blousons courts, écusson bleu blanc rouge et rangers « fabriquées en France » : les deux jeunes militants qui l’accompagnent ont sorti la panoplie complète. Fabien Ollivier, lui, garde son jean par-dessus ses rangers. Les drapeaux de la Touraine et de la France sont discrètement épinglés côte à côte sur son polo. Le style est plus sobre. Obligatoire avec une campagne à mener et un candidat à chaperonner à Luynes.

« Défendons nos couleurs », « Le Front national avec Le Pen »… Sur les affiches, les slogans ont un goût de déjà vu. Et pour cause. Faute de moyens, le FNJ37 recycle les anciennes. Heureusement, « le message fonctionne toujours. Et le nom Le Pen aussi ! » Lorsqu’il colle une affiche « ici c’est la France » sur laquelle le drapeau tricolore est à moitié recouvert par celui de l’Algérie, Fabien Ollivier se justifie : « Ça, c’est pour quand ils sifflent La Marseillaise ou qu’ils brûlent notre drapeau. »  

Pause-café dans un bar ami, à Savigné-sur-Lathan. Les trois militants feuillettent une biographie illustrée de Jean-Marie Le Pen comme leur propre album de famille. « Ce sont des bons gars ! » s’exclame la patronne du bar en les présentant à une cliente, un peu gênée. Ici, la notoriété de Fabien Ollivier n’est plus à faire. Il connaît sa cible : il a grandi à Mazières-de-Touraine et vit à Lublé avec ses chevaux. « Mais à Tours, ce que fait le FN ne tient pas. »

Le jeune cadre est devenu secrétaire du FNJ37 en 2008, un an à peine après son adhésion. Il est fier de ce qu’il en a fait : « Partis de zéro, nous sommes trente-cinq jeunes aujourd’hui. » VRP dans l’immobilier, il continue de sillonner les routes du département pour son mouvement. Des rondes tous les quinze jours. De jour et parfois de nuit. Un dynamisme qui cache quelques ambitions ? « Non. Si demain on me demande de rentrer chez moi, je rentre. Ce que je fais, c’est pour le Front national. »

M. B., A. D., J. I. et E. W
Photo : Jessica Ibelaïdene