shot_1315501697591.jpgVingt-sept rue Jacob, dans le 6e arrondissement de Paris. Au milieu de la petite rue calme, on aperçoit une petite cour pavée. Des plantes grimpent sur les murs d’une bâtisse de style classique. C’est là, au deuxième étage, que se situe le bureau de Patrick de Saint-Exupery, codirecteur de la revue XXI, fondée il y a trois ans avec l’éditeur Laurent Beccaria. La volonté de créer ce trimestriel est née de l’évolution de la presse. « Il y a dix ans, on pouvait raconter des histoires dans les journaux. Maintenant, c’est de plus en plus compliqué. Pourtant, je pense que c’est une nécessité. Enfant, on nous raconte des histoires. Lorsque nous sommes entre amis, nous nous racontons des histoires. C’est ce qui permet de nous structurer », explique Patrick de Saint Exupery. Il regrette la logique industrielle dans laquelle sont tombés les journaux. « On ne s’adresse plus à des lecteurs, mais à des consommateurs et cela change tout. »

XXI est à mi-chemin entre le journalisme et l’édition. « Un livre de journalisme », comme le qualifie Patrick de Saint Exupery. Un format qui permet selon lui d’être plus proche des lecteurs. La revue compte seulement trois journalistes titulaires, mais fait appel à de nombreux collaborateurs, qu’ils soient journalistes, photoreporters ou encore écrivains. Une place importante est faite à la bande dessinée, considérée comme un genre journalistique à part entière. Le trimestriel compte en moyenne 200 pages et la longueur des articles oscille entre de 20 et 30 feuillets. XXI fonctionne sans publicité et est intégralement financé par son lectorat. À chaque tirage, 50 000 exemplaires sont tirés, et 45 000 sont vendus.


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Ce Saint-Exupéry là a démarré le journalisme à l’âge de 18 ans, en presse régionale. A 19 ans, il a gagné un concours de jeune journaliste qui lui permit d’intégrer la rédaction de France Soir magazine. «  Jeune, je lisais beaucoup les journaux. J’avais une fascination pour les reportages. » Devenu reporter au Figaro, il a parcouru le monde pendant près de vingt ans, sur le terrain onze mois sur douze. « Ces années ont été incroyables. On suit l’Histoire en marche, on a le monde à l’ornière. » 

Aujourd’hui, Patrick de Saint-Exupery a quitté le terrain et est devenu un journaliste assis. « Je vis le journalisme debout par procuration. Le terrain me manque, mais cela donne aussi la possibilité aux autres de partir. C’est ça qui me motive, même si je pense qu’un jour, je repartirai forcément sur le terrain », conclut-il.

M. T. (texte et photo)