SCleyet.jpgComment avez-vous eu envie de lancer un tel magazine ?
L’idée est venue d’un manque. Je ne trouvais pas dans la presse ce dont j’avais envie pour mes enfants.  Rien ne s’est passé depuis trente ans, les Okapi ou les J’aime Lire sont les mêmes. Alors que les enfants d’aujourd’hui sont différents : ils sont plus ouverts et comprennent davantage de choses.

Qu’est-ce qui fait sa particularité ?
Le format librairie avec un livre plus proche du magazine que d’un livre traditionnel. Il n’existe pas d‘équivalent dans la presse pour enfants à l’heure actuelle. C’est un concept haut de gamme, réalisé avec des personnalités de l’art contemporain, qui n’entre dans aucune case. Ce magazine parle à l’intelligence des enfants. On ne s’interdit aucune chose compliquée. Et ce que l’on souhaite surtout, c’est apporter un
moment de récréation familiale. On propose une base d’activité qui donne libre cours à l’imagination de l’enfant. Parce qu’il y en avait ras-le-bol du collier de nouilles ! (rires). Et le fait est que cela plaît aux enfants mais aussi à leur parents. Cela dit, en kiosque, il y a beaucoup trop de titres, personne ne viendrait chercher Bonbek. Donc le choix de la diffusion en librairie s’est imposé, pour une meilleure visibilité, mais aussi pour que le libraire puisse défendre notre mook.

Bonbek1.jpgVous avez repris le même modèle que XXI. Son succès vous a inspiré, encouragé ?
C’est bien sûr le modèle du moment. Mais nous étions aussi en quête de sens, pour un retour à l’essentiel. Nous avons fait le choix d’une base classique, habillée d’un ton novateur et décalé. Trop de titres sont achetés davantage pour le jouet vendu avec que pour le magazine. Ras-le-bol de ces magazines qui sont faits pour vendre ! Les Belles Histoires ou les J’aime Lire sont bien faits, mais c’est tout. 

Comment fonctionne votre rédaction ?
Nous sommes trois : Jérôme Berger, le rédacteur en chef, Mari Pietarinen, la directrice artistique et moi-même. Nous collaborons avec des artistes de tous horizons, qui acceptent de participer à Bonbek. Mais aussi avec des illustrateurs, des auteurs, des photographes... une trentaine de contributeurs au total. Un comité de lecture composé d’éditeurs, de parents, d’instituteurs, de chercheurs en pédagogie valident les histoires. On teste aussi les jeux sur les enfants, pour voir leur réaction, s’ils aiment ou pas.

Vous fonctionnez sans publicité. Comment avez-vous financé les premiers numéros ?
C’est un magazine complètement auto-édité. Jérôme Berger et moi avons avancé un apport personnel, et nous avons été aidés par des amis. Nous avons fait le choix de fonctionner sans publicité effectivement, car en tant que mère, je trouve que son impact sur les plus jeunes est plus important. Ils n’ont pas la maturité nécessaire pour contrer ses effets.



Est-ce qu’avec un prix au numéro à 15 euros, vous pensez toucher un large public ?
Le magazine est très complet, il regroupe trois activités : des histoires, des jeux et des ateliers. Le ton, le choix artistique et le parti pris graphique sont autant d’éléments qui font la valeur ajoutée de Bonbek. Nous espérons toucher le plus grand nombre, bien que nous soyons un peu plus cher que la presse
classique. En fait, nous n’avons rien à voir : nous imprimons sur un papier haut de gamme mais nous sommes aussi plus complets, avec quatre histoires, cinq jeux... Nous considérons donc que 15 euros, c’est le prix de la qualité sans publicité.

Quelles sont les critiques que l’on vous fait ?
Celle du prix, surtout. Nous avons été accusés d’être élitistes. Nous essayons de ne pas l’être, d’être accessible à tous, d’ailleurs notre abonnement à l’année est moins cher que celui de J’aime Lire. Pour le reste, les retours sont plutôt positifs.

Vous tournerez-vous vers une publication mensuelle ?
Ce n’est pas notre priorité mais passer en bimensuel dans cinq ans, pourquoi pas ! Pour l’instant, le magazine nous donne suffisamment de travail pour paraître tous les trois mois. Nous essayons aussi de fournir aux enfants et aux parents de quoi faire pendant ce laps de temps !

Recueilli par S. B.

bonbek_footer_bg.jpg