Qu’est ce que la lecture des mook vous apporte-t-ell ? Est-ce un complément à l’actualité ?
Jérémy Felkowski. Les publications comme XXI, 6 Mois ou Usbek et Rica sont autant de nouvelles sources d’informations enrichissantes et déconcertantes. Elles me permettent d’ouvrir mon esprit à des thématiques variées, à des traitements de l’actualité différents des titres classiques.
Samir Akacha. C’est en effet un complément à l’actualité. Cela m’apporte de nouvelles connaissances, un horizon élargi, sur des sujets dont je n’aurai pas été curieux au départ.
Audrey Fourrier. Pour moi, XXI est un véritable objet littéraire. Plus que de l’information, j’y découvre de véritables histoires, des témoignages, des œuvres graphiques et photographiques. Mais aussi des faits dont ne parlent pas les autres médias.


Est ce que vous achetez la presse traditionnelle aussi (Le Point, Nouvel Observateur...) ?
photolecteur1.jpgJ. F.  J’achète « encore » la presse traditionnelle. Pour aborder une vision plus large des choses, je continue de lire des quotidiens. Le Monde, La Tribune, Libération, voire Aujourd’hui en France. Chacun pour des raisons différentes. Le Monde publie des articles de fond tout à fait intéressants, tandis que Libération me permet de me détendre grâce à ses portraits et quelques traits de plume bien sentis.
S. A.  J’achète rarement un journal papier, je suis grand consommateur d’information sur
internet.
A. F.  Je n’achète que très peu de presse traditionnelle, Libération de temps en temps ou le quotidien de ma région.

Est-ce que le prix des mooks est un frein ?
J. F. Le prix des publications telles que XXI ou 6 Mois ne sera jamais un frein pour moi. Quinze euros dépensés dans un trimestriel revient à une dépense mensuelle de 5 euros. Ce qui reste très inférieur à l’achat régulier d’un titre comme L’Express. En revanche, ces publications offrent des supports exceptionnels, parmi les plus beaux du monde de la presse, ainsi qu’une qualité rédactionnelle dépassant de loin celle des hebdomadaires. Tout cela justifie amplement la dépense.
Photolecteur3.jpgS. A. Je pense en effet que le prix peut être un frein, mais je me dis aussi que c’est le prix d’un livre par exemple. Ce n’est pas un achat extraordinaire, d’autant plus qu’il n’en sort que quatre par an. Pour le moment, je ne les achète pas, je préfère les lire à la bibliothèque. Et à mon grand étonnement, ces titres son toujours disponibles, personne ne leur prête attention. Tant mieux pour moi, mais c’est du gâchis pour les autres.
A. F. Le prix est un peu élevé, mais c’est compensé par l’absence de pub qui rend la lecture que plus agréable. En achetant la revue XXI, j’ai vraiment l’impression d’acquérir un livre.

Quelles sont les critiques que vous feriez à la presse traditionnelle ? D’écrire court ? De penser que le lecteur ne veut pas lire ?
J. F. Le problème des titres comme L’Express, Le Nouvel Observateur ou Le Point, c’est qu’ils s’installent dans un rythme confortable mais terriblement dangereux. Consacrer une dizaine de numéros à des thèmes comme la franc-maçonnerie, le classement des hôpitaux... Cela revient, à mon sens, à un suicide médiatique. Les titres dominants ne se remettent pas assez en question.
S. A. L’arrogance de se croire plus intelligent que les autres, les connivences avec le pouvoir ou l’économie, la soumission au diktat de l’argent à travers la publicité, le traitement médiatique soumis à la
pensée unique, le choix de l’angle pour persuader plutôt qu’informer... Beaucoup de choses sont critiquables dans la presse traditionnelle.
Photolecteur2.jpgA. F. En presse écrite, les articles sont parfois superficiels et il n’y a aucune qualité graphique. De plus,les magazines ne traitent que des faits d’actualité du moment. Des sujets aussitôt traités, aussitôt oubliés. Quand est-ce qu’on parle du reste ?

La longueur des articles de XXI ou d’Usbek et Rica est-elle toujours adaptée ou les rend elle parfois rébarbatifs à lire ?
J. F.  Ce qui fait la force des articles de XXI ou d’Usbek et Rica, ce sont leurs maquettes. Tout cela est savamment étudié par les concepteurs de ces publications. En tant que lecteur, je n’ai jamais été lassé par un article.
S. A. Quand un lecteur met 15 euros dans une revue ou qu’il se déplace exprès à la bibliothèque pour elle, c’est qu’il recherche exactement ce qu’il y a dedans, c’est-à-dire du reportage fouillé, des articles bien écrits, du vrai journalisme.
A. F. Je n’ai jamais trouvé d’articles rébarbatifs. Les articles sont toujours très bien écrits et les thématiques très intéressantes.

Recueilli par S. B.



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