Capture_d_ecran_2011-11-24_a_17.06.15.pngBloc-notes sous le bras, café dans une main, stylo dans l’autre, une journaliste s’impatiente : « Dépêchez-vous, on nous attend au deuxième étage. » Dans le couloir, on s’active. Les talons hauts claquent sur le sol avant de s’engouffrer dans l’ascenseur. Il est 17 heures. A Grazia, c’est l’heure de la conférence de rédaction hebdomadaire. « Dans la même salle que d’habitude, la grande », indique une journaliste à une autre. Un par un, les membres de la rédaction pénètrent dans une pièce aux murs entièrement blancs. Sur les tables, collées les unes aux autres et disposées en carré, les journalistes peuvent consulter le chemin de fer du magazine : toutes les pages y sont représentées, dans l’ordre dans lequel elles paraîtront. Pour l’instant, ce qui remplit la feuille, ce sont les publicités : Chanel, Lancôme, Yves Saint Laurent. « La réunion publicité a eu lieu juste avant. Nous, nous devons faire avec la place qu’on nous donne », explique Julie Lasterade, responsable de la rubrique santé. 

Autour de la table, on discute Festival de Cannes et mariage princier britannique. On cherche un angle « funny », léger, pour les traiter. « Il y a pas mal de beaux gosses à Cannes, cette année. On a de quoi faire de bons sujets », lance une rédactrice. Aux quatre coins de la salle, ses collègues acquiescent. On parle des acteurs, de leur actualité, de leur popularité et, surtout, de leur physique. Les sujets People viendront, comme d’habitude, s’intercaler entre les pages réservées à l’actualité. Car depuis son apparition en France il y a deux ans, Grazia se revendique comme un magazine alliant information pure et dure et sujets Mode et Beauté plus légers. Arnaud Liévin, rédacteur en chef responsable de la rubrique Actu, déballe une liste d’articles lus dans Libération, dans des magazines anglo-saxons et même dans d’autres féminins. Ses lectures l’inspirent. Un sujet sur les compagnes et compagnons des prétendants à l’élection présidentielle est accepté. Un autre parlera du sort de Tunisiens arrivés en France après la révolution de Jasmin. « On en a retrouvé plusieurs, devenus héroïnomanes, dans un square parisien », explique Yseult Williams. Le prochain numéro proposera donc un article sur les immigrés entre deux photos d’acteurs sur la Croisette. Un exemple de cette « diversité de sujets qui font la force des féminins », pour Vincent Soulier.

eminin8.png« Les sujets Santé, Beauté et Forme ont été choisis hier, explique Julie Lasterade. La sélection des articles se fait surtout en fonction de l’actualité, mais il y a toujours des sujets que nous sommes obligés de traiter, comme la cellulite avant l’été. C’est ce qu’attendent les lectrices. » 

C’est justement pour répondre aux attentes du lectorat que les numéros d’été « Spécial sexe », ou « Comment maigrir sans se priver » ont été pensés. Un titre attire l’attention de tous : « Horreur ! Mon mec pèse moins que moi ! » Aux quatre coins de la salle, on s’esclaffe, on plaisante, on se disperse. « On n’est pas dans une cour de récré, j’aimerais avancer », lâche sèchement la rédactrice en chef. Les idées de sujets continuent de fuser : être célibataire, est-ce mieux l’hiver ou l’été ? Mon homme souffre-t-il d’anorexie sexuelle ? Des thèmes récurrents chaque année dans les magazines féminins. Qui valent aux rédacteurs et rédactrices de bons fous rires lorsqu’ils les préparent.

Il est presque 18 heures, la réunion touche à sa fin. Dans le couloir, quelques journalistes se regroupent pour continuer leur discussion sur les pages été. Ils pouffent. Une chose est sûre, avant même d’être publié, le numéro « Spécial sexe » aura eu beaucoup de succès...

E. R.