shot_1322147577080.jpgSexe, drague et corps d’Apollon : les hommes aussi ont droit à leur lot de conseils dans leurs magazines. La presse dite masculine fait désormais partie intégrante du paysage médiatique français. On note ainsi Health, FHM, Maximal ou encore Le Magazine de l’Optimum. Autrefois dédiée au charme, à la mode et à l’automobile, la presse masculine s’intéresse aujourd’hui à l’homme, à son ego, à sa santé et à son corps. Assez proche, en fin de compte, des objectifs de ses semblables féminins.

Mais pour Isabelle Germain, journaliste pour le site lesnouvellesnews.fr, il existe une différence de taille : « Pour une lectrice, Pour elle, LA question centrale est : comment être la plus belle pour aller danser, lui plaire, l’exciter, le séduire, ne pas me le faire piquer par une rivale… Il y a même des magazines pour adolescentes qui expliquent comment réussir une fellation, au cas où elles n’auraient pas bien compris que leur raison d’être est de donner du plaisir à l’homme.… Pour lui, il y a un peu de ça aussi, ces magazines se demandent parfois comment la faire jouir. Mais le gros des pages sexe ressemble à la foire aux bestiaux avec force dossiers illustrés sur la femme la plus sexy, les plus beaux seins, les plus belles croupes… Dans la presse féminine, elle apprend à lui plaire, se fait toute belle avec un bolduc autour de la tête ; dans la presse masculine, il choisit son cadeau. » déclarait-elle en juin 2010 sur Rue69.

Nataly Breda, journaliste féministe, ne voit pas les choses du même œil. Pour elle, « les magazines masculins sont beaucoup moins futiles que les féminins. Il y a plus de sujets de fond, plus d’actualités, d’enquêtes. Ils sont beaucoup plus intéressants ».

Différents donc, mais peut-être pas autant que ce que l’on croit : aux hommes aussi on parle mode et produits de beauté. La presse féminine est d’ailleurs lue par des hommes, et vice-versa. Dans une vidéo publiée sur le site internet du magazine Grazia, des hommes témoignent : dans la presse féminine, ils lisent les articles qui parlent de sexualité. « Parce qu’une femme ne se révèle jamais entièrement », explique l’un, « parce qu’on ne vit pas les choses de la même façon et qu’il faut en tenir compte », déclare l’autre. Finalement, la presse « genrée », comme on l’appelle souvent, trouve pour certains une fonction plus subtile, plus profonde : apprendre à comprendre l’autre.  

Enora Régnier.
Photo : L. C.