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Fondé par Carlo Petrini, Slow Food est né en Italie en 1989. L’association compte aujourd’hui cent mille membres, répartis dans cent cinquante pays pays. Elle milite pour le « bon, propre et juste », cultivant le lien social que crée le repas. Slow food, slow city, slow tourism, slow sex : la lenteur promet d’envahir tous les domaines de nos vies bousculées. Transposé au domaine urbain, Slow Food devient CittàSlow. Le principe reste le même: revenir à un rythme de vie raisonnable et à dimension humaine. « La philosophie de la lenteur est encore en gestation. Elle ne dispose pas de quartier général ni d’un représentant unique », écrit le journaliste canadien Carl Honoré dans son éloge de la lenteur. Les mouvements slow se développent de manière éparse et isolée, mais s’inscrivent dans la même logique : prendre le temps de vivre en privilégiant la qualité plutôt que la quantité.

Toutes ces tendances partent d’un même constat : l’accélération du temps dans nos sociétés. L’intellectuel français Gilles Finchelstein interviewé dans le JDD a affirmé que l’on devait « sortir du culte de l’instant ».

Cependant, pour le philosophe Elie During, « la plupart des tâches de base ne se font pas plus vite qu’avant. Le problème n’est pas tant de ralentir que d’espacer les connexions, de rendre les journées moins denses ».

Et gare aux a priori réducteurs. « Lent ne veut pas toujours dire “au ralenti”, explique Carl Honoré. Cette philosophie peut être résumée en un mot : équilibre. » Il s’agit de trouver pour chaque tâche la juste mesure entre lenteur et rapidité. être calme permet souvent plus d’efficacité qu’un emploi du temps surchargé. Le mouvement n’est pas une lutte contre la modernité, mais une volonté de se réapproprier son temps et ses choix. Pour Carl Honoré, les technologies rendent tout accessible et à toute heure, offrant « la flexibilité dont nous avons précisément besoin pour ralentir le rythme ».

Quel peut être le coût de cette décélération ? Si certaines manifestations de la logique slow ne sont pas à la portée de tous (produits sentinelles, bio, etc.), l’objectif reste avant tout un changement des habitudes. Car, en fin de compte, la marche à pied ne coûte rien.

Rémi CANALI et Gwendal LE MENAHEZE

Au sommaire

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Les figures du salon
« Parler de gastronomie sans penser aux paysans, c’est de la pornographie alimentaire » Carlo Petrini, créateur de Slow Food
“N'ayez pas peur de cuisiner”, le chef Bernard Charret
"Manger n'est pas quelque chose d'anodin”, interview de Francis Chevrier

Au salon
Euro Gusto Ludo
Une eau peut en cacher une autre
Un petit noir de luxe
Le goût du partage

Les sentinelles
La gasconne : beaucoup plus qu’une simple volaille
Le salers, la sentinelle auvergnate

Au delà d'Euro Gusto
Il n’y a qu’entrailles qui m’aillent
Quand le fast devient slow
Faire ses courses lentement, oui, mais où…