Gaeelle_feybesse_internet.jpgGaëlle Feybesse est psychologue clinicienne au Spip de Tours. Un jour et demi par semaine, elle apporte un appui aux équipes de CPIP qui travaillent à la réinsertion des anciens détenus.

Quel rôle occupez-vous entre l’administration, les détenus et le personnel de santé ?

L’équipe du Spip n’est pas formée pour accompagner des détenus qui sont dans le déni. Je suis un trait d’union entre leurs services et les prisonniers. J’apporte un autre regard pour déterminer comment les réinsérer. Je rencontre aussi des personnes soumises à probation.

La prison est source de traumatisme. Comment accompagner les détenus ?

L’enfermement est aliénant. Dehors, les détenus côtoieront des gens aux parcours différents. Il faut donc leur réapprendre à vivre avec d’autres. La réinsertion, c’est sortir du ghetto. Notre rôle est de favoriser leur capacité d’adaptation. Ensuite, c’est à eux de jouer.

Les détenus ne réussissent pas toujours leur sortie. La récidive est-elle synonyme d’échec ?

Absolument pas. La récidive veut dire qu’il y a encore un contexte, un vécu, une souffrance que nous n’avons pas réussi à régler. Il faut continuer le travail avec le détenu. Ce n’était peut-être ni le bon moment ni les bons interlocuteurs. A nous de prendre de la distance et de réessayer.

Recueilli par M. B., R. N., X. R.
Photo : Roxane NICOLAS/EPJT