Toutes sortes de clichés circulent au sujet de l’alternance. Pourtant, depuis l’apparition du compagnonnage en France, l’apprentissage a beaucoup évolué. Première idée reçue : il ne concernerait que les métiers manuels. En France, 77 % des contrats d’alternance sont signés dans le secteur tertiaire. Et près de 12 % des étudiants de l’enseignement supérieur sont apprentis. Il existe aujourd’hui plus de deux cents formations universitaires en alternance de niveau master (Bac+5).  

Autre idée fausse, ces formations seraient réservées aux cancres. Certains étudiants de Sciences Po Paris effectuent la cinquième année de leur cursus au sein de groupes prestigieux. C'est le cas également d'un nombre de plus en plus important d'étudiants en troisième année de journalisme à l'EPJT (photo). Plus généralement, un nombre croissant d’étudiants se tournent vers l’alternance, une fois leur diplôme universitaire en poche. Ce type d’études est donc loin d’être réservé aux ados.

Apprendre par delà les frontières

Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation s’adressent à un public varié. Si les premiers sont effectivement réservés aux 16-25 ans, les seconds s’adressent aussi à des demandeurs d’emploi plus âgés. Résultat, en 2011, plus de 16 % des apprentis avaient entre 26 et 44 ans. De plus, cette voie ne cantonne pas les étudiants à la France. En 1995, la Commission européenne a mis en place la bourse Leonardo da Vinci. Ce programme de mobilité offre la possibilité d’effectuer un stage d’une durée de six à vingt-quatre mois dans une entreprise en Europe.


DSC_6857_.jpgAutre idée reçue, ces étudiants travailleurs seraient sous-payés. Leur salaire est moins élevé que celui des salariés classiques. Cependant, ils restent mieux rémunérés que les stagiaires. Ils peuvent, en outre, bénéficier de certains avantages, comme des titres restaurant ou des primes. Leur salaire est indexé sur le Smic et varie en fonction de l’âge ou du niveau d’étude. À titre d’exemple, la rémunération minimale d’un jeune de moins de 21 ans en contrat de professionnalisation s’élève à près de 800 euros par mois. Par ailleurs, les entreprises publiques et certains secteurs d’activité, comme le bâtiment, offrent souvent une rémunération plus importante. 

Dernier préjugé, les apprentis seraient des salariés de seconde zone. Or leurs droits et leurs devoirs sont identiques à ceux des autres salariés. Ils peuvent notamment participer aux élections prud’homales ou professionnelles sous certaines conditions. Ils jouissent aussi de droits spécifiques : les salariés en alternance sont exonérés de certaines charges et de l’impôt sur le revenu. Mais pas question de sécher, ils ont une obligation de présence.


Certes, ces étudiants vont devoir tirer un trait sur leurs deux mois de vacances d’été. Mais comme n’importe quel salarié, ils ont droit à cinq semaines de congés payés par an (à poser sur le temps passé en entreprise). Cependant, si l’apprenti a plus de 21 ans, il devra d’abord travailler un an avant d’en bénéficier.

Apolline HENRY et Thibault LE BERRE

Sommaire du dossier

“L’alternance, on y croit”
L'apprentissage : le succès malgré la crise
Sophie, l'apprentie charpentière
« Je peux vendre une guitare qui portera ma signature »
Leonardo, l'apprentissage à l'international
Ecole, terrain et service compris
La main à la pâte
Dans L’hair du temps
Handicapés, des apprentis comme les autres
Une affaire de famille
Ce qu'il faut savoir avant de se lancer,
La jeunesse pour innover en entreprise
Les arguments pour convaincre un patron
Le salon des entreprises tourangelles
Quand compétitivité rime avec formation de qualité
La réussite en ligne de mire