Nous accueillons un apprenti en commerce, un autre doit bientôt nous rejoindre en sérigraphie-impression d’adhésif sur support. Et nous projetons d’en engager un troisième en chaudronnerie », explique Jean-Christophe Aracil, P-DG de Signal Concept. Cette société tourangelle spécialisée dans la signalisation routière, emploie treize salariés en CDI et deux étudiants en alternance. « à l’issue de la formation, nous proposons généralement une embauche », ajoute l’entrepreneur. Pour lui, l’alternance est un plus et s’il n’y a pas d’ancien apprenti parmi ses salariés, « il y en a eu dans le passé ». La demande d’alternance est constante : « Intégrer un étudiant salarié apporte un regard plus jeune sur l’entreprise, un regard extérieur qui va orienter nos choix stratégiques, notamment pour la partie commerciale », précise le patron de Signal Concept. Il privilégie donc des apprentis au « tempérament débrouillard ».


DSC_0011Blog.jpgLe patron d’Etiqroll, une PME spécialisée dans la fabrication d’étiquettes (pour des bouteilles de vin, des flacons de parfum, des cosmétiques…), partage la même vision des choses. Son entreprise, composée de 40 salariés pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2011, a pu éprouver l’efficacité de la formation en alternance lorsqu’elle a intégré, en contrat de professionnalisation, un étudiant en master marketing et un apprenti en impression. Une réponse au « désir de former des jeunes à nos métiers » et une « possibilité de caler l’enseignement pratique sur le théorique », selon Jean-Michel Fouquet, son P-DG. Ce que nuance Jean-Christophe Aracil : « Former des jeunes représente bien sûr un investissement car l’apprenti ne pourra pas être opérationnel à 100 % immédiatement. Le temps d’apprentissage peut, en quelque sorte, rogner sur la rentabilité. Mais les aides de l’état compensent et participent au développement de ce type de formation en interne », ajoute-t-il.

Une émulation bénéfique

Opter pour l’alternance tient de la stratégie sur le long terme. « L’apport des apprentis, ce sont des solutions ou des projets innovants, notamment dans le domaine du marketing, souligne le P-DG de Signal Concept. L’âge des salariés varie entre 22 et 50 ans au sein de notre société. Cela provoque une confrontation des méthodes et des idées plutôt bénéfique. » Et produit, au final, un climat propice à l’émulation, donc à l’innovation. Or, Jean-Christophe Aracil rappelle qu’une PME doit être réactive et s’adapter au marché. Des atouts qui lui permettent d’être compétitive face aux grands groupes. Un cadre idéal pour des étudiants pour se former ou débuter une carrière.
Innovation, réactivité et flexibilité sont aussi les trois qualités qu’Etiqroll, entreprise créée en 1986, revendique. « Il faut être à l’écoute du marché et analyser la concurrence », avance Jean-Michel Fouquet. En 2010, la société a modernisé le visuel de ses étiquettes en investissant dans une nouvelle presse flexographique qui permet d’imprimer en huit couleurs. Un beau graphisme et une diversité de couleurs sont des éléments importants pour faire vendre un produit. Une innovation qui passe également par l’emploi de jeunes en alternance. Cette voie représente pour l’entrepreneur « un investissement pour l’avenir, tant dans les domaines techniques que purement commerciaux ».

S’ouvrir au monde
Le marché de la signalisation demeure très règlementé. Cependant, la PME  Signal Concept tente d’innover « en essayant de trouver un plus pour chaque produit », précise Jean-Christophe Aracil. Il donne pour exemples « les panneaux auto-relevables » mais aussi « le développement du lumineux » et, plus généralement, l’amélioration de la durée de vie des produits.
En équipe réduite, la société a néanmoins généré 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Signal Concept se tourne aujourd’hui vers le marché asiatique : « La Chine se développe et aura besoin de signalisation. Nous pourrons lui apporter notre savoir-faire et nos compétences en ingénierie sur le suivi de la production », explique Jean-Christophe Aracil.
L’entreprise pourra compter sur ses salariés, ainsi que sur ses apprentis, issus d’une génération pour qui l’ouverture au monde tient de l’évidence. Un bel atout pour gagner de nouveaux marchés internationaux.

Reportage réalisé par Julien LELOUP et Benjamin LUCAS.
Photo : Benjamin LUCAS