table_ronde_1.jpgClimat agréable, bonne chère, bon vin, la réputation de douceur de vivre de la Touraine n’est pas usurpée. Mais ce ne sont pas les seuls atouts de cette région qui attire également par son vivier d'emplois. Les industries y sont aussi diverses qu'attractives. L’Indre-et-Loire compte ainsi un secteur de recherche important (université François-Rabelais, Inra, CEA), quatre pôles de compétitivité (S2E2, Elastopôle, Cosmetic Valley, DREAM Eau & Milieux) et quelque deux mille établissements industriels.

L’université cherche à développer les filières de l’apprentissage pour permettre une meilleure insertion dans l’emploi de ses étudiants (voire l’interview de Loïc Vaillant, président de l’université). Et les entreprises sont particulièrement réceptives. C’est le cas notamment de Hutchinson, une société spécialisée dans le caoutchouc, installée à Joué-lès-Tours. Rémi Fourneraut, son directeur des ressources humaines, explique : « L’industrie française est forte. C’est la colonne vertébrale de notre pays, le cœur de la création de richesse. Le secteur secondaire (industries, NDLR) représente 20 % du PIB, le secteur tertiaire (production de services, NDLR), pèse prés de 1 400 milliards d’euros. Mais pour accroître leur compétitivité, les entreprises ont besoin de salariés parfaitement formés. Dans ce contexte, l’offre d’apprentissage proposée en Indre-et-Loire est très importante. »

Le département compte en effet 38 établissements de formation, dont les lycées professionnels, avec des spécialités très diverses mises en place en tenant compte des besoins des entreprises. Un maillage efficace. Formateurs et apprentis s'accordent sur ce point : ces filières offrent de réelles opportunités de carrière.

Mais qui dit développement des offres de formation dit coût. « Pas moins de 11 millions d’euros sont consacrés à la formation des salariés, dont 4 millions d’euros pour l’alternance, détaille Jean Marc Brunault, directeur de l’institut de formation Opcalia Centre qui gère la formation pour les entreprises. L’argent vient principalement du conseil général. Les entreprises concernées, notamment celles du secteur secondaire, ont toutes de larges moyens pour former leurs salariés dans de bonnes conditions.. »

Les conditions en Indre-et-Loire sont donc particulièrement propices même si « on a parfois l’impression que la formation est une usine à gaz, avec des mécanismes que l’on ne comprend pas toujours, relativise Rémi Fourneraut. Même pour quelqu’un qui travaille dans le milieu, il est difficile de faire la distinction entre apprentissage et alternance. » La formule a cependant du succès. Ce que démontrent les chiffres : en janvier 2011, il y avait 2 932 personnes en alternance en Touraine. En janvier 2012, elles étaient 3 247. Lycéens, étudiants ou adultes en recherche de réorientation, tous reconnaissent l'efficacité du système. Isabelle Larousse, la trentaine, est diplômée d’un CAP de caoutchoutier. Enthousiaste, elle résume son parcours: « J’ai eu beaucoup d’emplois avant d’être formée par l’entreprise Hutchinson. Je suis aujourd’hui capable de diriger une équipe d’une dizaines de personnes. » Laurent Brocherie, son collègue, renchérit: « Je n’avais pas de diplôme et la formation m’a donné un métier. Cela fait maintenant quinze ans que je suis dans l’entreprise. »

Côté employeurs, ces formules ont également le vent en poupe. En 2010, ils étaient 13 % à être satisfaits de leurs leurs apprentis selon le site du conseil régional. Alain Chanteraut, chargé des relations écoles entreprises à l’Education nationale, se félicite de ces statistiques : « Les patrons doivent être les bienvenus dans les lycées pour pouvoir recruter le plus tôt possible. » Entreprises, jeunes, élus, tous sont d’accord : l'apprentissage, c’est l'avenir, et pas une voie de garage.

Vincent TOUVENEAU