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L’hair du temps. Un salon de coiffure discret, au carrefour de deux ruelles d’un petit village sarthois. Un lieu moderne et intime qui a su trouver sa clientèle depuis son ouverture en 2010. Aujourd’hui, il ne désemplit pas. Un succès qui repose sur le talent de sa gérante, Sandrine Lechesne. Sandrine, la trentenaire dynamique, n'arbore pas de mèches aux couleurs vives, de gel ni de coiffure extravagante, mais une coupe simple, moderne et naturelle. À son image. Sa recette, elle l’a peaufinée pendant vingt ans, au fil des salons et des villes. À Beaufay,elle a su trouver sa clientèle.

Le bouche à oreille a si bien fonctionné que Sandrine a dû embaucher une apprentie en août dernier. À ses côtés, Fanny, 16 ans, apprend le métier sous le regard attentif de sa patronne. Entre elles , le courant passe bien.  « Fanny, c’est moi à son âge, elle s’adapte vite et a soif d’apprendre »,  souligne Sandrine. La jeune fille esquisse un sourire, vite chassé par la concentration : elle est en train de réaliser une coiffure. Des apprentis, Sandrine en a connu beaucoup au cours de sa carrière. Elle les a formés avec le souci de transmettre une passion. « Je m’efforce de montrer aux jeunes que ce métier est créatif et artistique. C’est important qu’ils s’y épanouissent, car ce travail est difficile et le salaire pas mirobolant. »

Des débuts difficiles

En effet, certains jeunes se réorientent en découvrant la réalité de cette profession. Fanny, elle, est sûre de son choix, même si ses débuts ont été difficiles. « La patronne de mon premier salon ne s’occupait pas du tout de me former. Pourtant, elle avait déjà reçu un avertissement de la part du CFA pour son manque d’investissement auprès d’autres apprentis. » Sandrine a déjà entendu ce genre d’histoire : « Certains patrons prennent les jeunes pour de la petite main d’œuvre. Les avertissements qu’ils reçoivent ne sont, hélas, pas suivis d’une véritable surveillance » déplore-t-elle.

Victime de harcèlement moral, la jeune fille décide de quitter le salon à la fin de sa première année de CAP. « Mes parents en avaient assez de me voir rentrer tous les midis en pleurant. » Si le CFA soutient son choix, Fanny va cependant vivre un véritable parcours du combattant. Elle écrit une centaine de lettres de candidature, n’hésite pas à démarcher les entreprises mais elle ne reçoit que deux réponses positives. « Les patrons hésitent à ne s’engager que pour un an et ils ont du mal à faire confiance à un jeune qui a interrompu son contrat » analyse-t-elle. Heureusement, Sandrine lui ouvre ses portes. « Les clientes se sont très bien habituées à elle, affirme-t-elle. Pourtant, je m’attends à des réticences de leur part lorsque je lui confierai la coupe. C’est à moi de la valoriser pour qu’elles lui fassent confiance. »

Comme sa patronne, Fanny souhaite obtenir un brevet professionnel après son CAP. Seul ce diplôme permet ensuite de former des apprentis et d’ouvrir un salon. Mais avant d’en arriver là, Sandrine lui conseille de multiplier les expériences. Elle-même a trouvé sa « patte » après vingt ans de pratique dans des salons de Nantes et de Tours. « Regarder ce qui se fait ailleurs est le seul moyen d’enrichir sa pratique !» assure-t-elle. Et d’ajouter : « Il faut toujours chercher une petite touche personnelle pour se démarquer de la concurrence. »

Texte et photo : Raphaëlle BESANÇON