Avec sa petite taille et ses joues rondes, Martin, 15 ans, ne fait pas son âge. Une impression vite dissipée dès qu'il parle de l'alternance, de son travail, de l'internat... Depuis septembre, il est en seconde bac pro « service aux personnes et aux territoires » (Sapat) dans une maison familiale et rurale (MFR). Dans cette structure, la moitié de l'année se passe en stage. Les professeurs, très impliqués dans la vie de l'établissement, sont présents le soir aux repas, aux veillées. Ils organisent des projets, des fêtes, des remises de diplômes. Une présence importante pour les élèves, qui arrivent souvent à la MFR après une expérience douloureuse, comme un handicap ou un décès dans la famille. Même si Internet et le bouche-à-oreille changent un peu la donne et diversifient le public des MFR.

Une maison vraiment familiale

Fabienne.jpgMartin savait à quoi s'attendre. Et pour cause. Sa mère, Fabienne, est professeure de français en MFR. La vie de toute la famille est rythmée par l'alternance des périodes de cours et de stage. Fabienne apprécie d'ailleurs ces moments de coupure avec ses élèves, qui permettent à chacun de prendre du recul. Ils prennent alors conscience qu'ils travaillent pour eux-mêmes. L'examen prend moins de place dans la pédagogie.

En troisième, Martin a choisi l'option de trois heures par semaine de « découverte professionnelle » qui lui a permis de faire des stages. Le choix de l'alternance est alors devenu évident. « C'était la MFR, ou le redoublement. Mais le collège, être toujours assis sur une chaise, j'en avais marre. Je n'avais pas envie de de continuer à voir les mêmes têtes tous les jours. »

Un élève « tout-terrain »

Martin.jpgBaby-sitter, membre d'une association, ce jeune pompier volontaire a un véritable goût pour l'aide à la personne et voulait passer rapidement à la pratique. Après quelques jours de cours seulement, il a commencé un stage en école maternelle. « J'ai appris à me faire écouter des enfants et l'équipe pédagogique est très accueillante », explique-t-il. L'alternance lui permet de se responsabiliser : il faut trouver des stages, être compétent sur le terrain, mais aussi volontaire en cours. « À la MFR, il n'y a plus de sonnerie, on n’est plus des moutons. Les cours ne sont pas que théoriques : on a de la cuisine ou de l'ergonomie », raconte-t-il. Sa famille trouve d'ailleurs qu'il est plus dynamique à la maison.

Pour la suite, il envisage les concours d'infirmier ou d'aide-soignant, pour devenir ambulancier. « Comme ça, je serai dans l'action, comme chez les pompiers, mais je pourrai me recycler quand j'aurai envie d'un peu de calme », anticipe-t-il. Choix évident, alternance idéale, n'y a-t-il aucune ombre au tableau ? « Aucune, sauf peut-être qu'une classe de filles, ça fait des histoires. »

A. L.

Le conseil de Martin : S'investir
« Il ne faut pas s'en tenir au strict minimum. Les journées ne finissent pas à heure fixe. »

Le conseil de Fabienne : S'informer
« Les MFR sont relativement autonomes et donc sont différentes en taille et en pédagogie. Il ne faut donc pas hésiter à profiter des portes ouvertes pour visiter plusieurs établissements afin d'être sûr de la MFR où l'on postule. Il faut aussi être attentif aux taux de réussite aux examens. »

Texte et photos : Auriana LANGLOIS