L'objectif est ambitieux. Le gouvernement veut atteindre le chiffre de 500 000 apprentis en France d’ici 2017. C'est en tout cas ce qu'a annoncé la Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 6 novembre 2012. La précédente majorité n'était pas en reste : loi Cherpion de juillet 2011 et proposition, début 2012, d’élever le quota d’alternants à 5 % dans les entreprises de plus de 250 salariés d’ici 2015. C'est dire si l'apprentissage a la cote auprès de ceux qui nous gouvernent. Les raisons d'un tel engouement ? Les succès indéniables de ce système, malgré la conjoncture économique. Ainsi, 80 % des jeunes issus de l’apprentissage trouvent un emploi au terme de leur formation, selon une étude de la DARES (pdf) datant de novembre 2010. Une piste importante pour qui veut réduire le chômage des jeunes.

Côté entreprises; la satisfaction est également de mise. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Loiret dans une enquête concernant 141 chefs d’entreprises de ce département publiée en octobre pointe la satisfaction de ces patrons. Principal avantage pour 60 % d’entre eux : accueillir des apprentis qu'ils pourront ensuite recruter. De fait, la quasi-totalité des dirigeants orléanais voient dans la formation en alternance un moyen efficace pour préparer les jeunes au monde du travail. Et, selon Xavier Terrien, président du CFAIURC*, les étudiants partagent cet avis : son établissement a dépassé le millier d’apprentis.

Plus surprenant : plus de la moitié de ces patrons trouveraient encore des avantages à ce système si on supprimait les aides financières qui l’accompagnent actuellement.

Apprentissage 1

C'est l’apprentissage post-bac qui remporte le plus de suffrages. La moitié des chefs d'entreprise sondés sont prêt à aller recruter ces étudiants dans des écoles (20 %), dans les centres de formation des apprentis (13 %). Dans une moindre mesure, ils peuvent démarcher les lycées, les universités, Pôle Emploi ou le point apprentissage de la CCI. Les autres modes de recrutement. L'autre moitié des sondés n'ont effectués aucune démarche particulière. Ils ont reçu des candidatures spontannées ou on répondu à des recommandations de connaissances.

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Mais ce succès a un prix. « Chaque jeune [apprenti] coûte environ 20 000 euros par an, affirmait en avril dernier Isabelle Quainon, directrice de la formation chez Veolia. La moitié pour sa formation, l’autre pour sa rémunération. » Or, dans le contexte actuel où les patrons ne sont pas sûr d’embaucher ensuite leurs apprentis, Ils sont réticents à l’idée de dépenser une telle somme « à perte ». Beaucoup préfèrent donc recruter des stagiaires : ceux-ci n’ont pas le statut de salariés ; ils ne sont rémunérés qu’à partir de deux mois de présence dans l’entreprise ; leur rémunération n'est pas aussi importante que celle des apprentis. En outre, ces entreprises seront peut-être tentées de privilégier les contrats de génération, piliers de la campagne de François Hollande et dont le projet a été présenté au conseil des ministres du 12 décembre.

Lea BOUCQUEROT

(*) Centre de formation d'apprentis inter universitaires région Centre

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