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Photo : Maureen Lehoux

Dans le quartier Paul-Bert, à Tours, Michel installe son étal de fruits et légumes. Les cris des enfants montent de la cour de récré d'une école,située derrière lui. Ce marché est le plus petit de Tours. Autrefois on y trouvait un fromager et un boucher. Mais aujourd’hui on ne compte plus que deux commerçants : Michel, qui vend des fruits et légumes et une marchande de poissons.

Lui vient ici tous les mardis matin depuis trois ans. Cela fait une bonne trentaine d’années qui tient son étal sur les marchés. Ni le froid ni les horaires matinaux n’ont raison de son enthousiasme. Il salue les passants, sourire aux lèvres. Janine, 77 ans, vient chaque semaine. Elle apprécie particulièrement ce gaillard quia toujours un mot gentil pour ses clients.  « Il est très sympathique  », sourit-elle.

L’amabilité, pour Michel c’est l’essence même du marché : « Quelle que soit la taille d’un marché ou l’âge de ses clients, on y vient pour parler. Être cordial, ça fait partie de notre profession. Si l’on n’a pas compris ça, il faut changer de métier. Ici, on vient discuter, rire, échanger des recettes de cuisine. »

Un petit marché à la clientèle fidèle

Et pour les recettes, idées-reçues s’abstenir : les grands-mères ne sont pas les seules à discuter potage. Les jeunes sont nombreux à demander conseil. « Ils ont envie de cuisiner et de manger des bonnes choses. Mais ils ne savent pas forcément par où commencer. Alors, mon rôle, c’est aussi de les conseiller », explique le maraîcher. Et, justement, voici Simon, 24 ans, étudiant en musique, qui passe devant l’étal. Il s’arrête quelques minutes et demande à Michel s’il a de nouveaux légumes à lui proposer. « Il est courtois, humain et en plus il me conseille pour la cuisine. Il sait comment préparer ses produits », témoigne le jeune homme avec enthousiasme.

Michel pourrait s'installer sur des marchés plus grands. La veille, on lui a même proposé d’aller à Saint-Cyr-sur-Loire. Mais il se dit attaché à ce marché de quartier. « Ma clientèle est fidèle et agréable, je suis bien ici », résume-t-il. Les rythmes y sont toutefois particuliers. La fréquentation du marché est corrélée aux heures de l’école. « J’ai du monde surtout entre 7 et 9 heures et entre 11 h 15 et 12 h 30 », observe-t-il. Entre les deux, ce sont plutôt des personnes âgées qui passent faire leurs courses. Dans sa camionnette, le maraîcher leur a même préparé quelques paniers tout particuliers. « J’ai constaté qu’en hiver il était difficile pour certaines dames de se déplacer. Alors j’ai mis en place un système de livraison et je passe chez elles après le marché pour leur remettre leur panier de légumes. » Il ne leur facture rien de plus, il considère que « cela ne lui coûte rien, qu’il passe devant de toute façon ». 

Pour compléter sa production de légumes, Michel a sélectionné des fruits de même qualité, tous issus de l’agriculture raisonnée. Une production qui prend en compte l’environnement, la santé. Il vend aussi les produits de sa fille, productrice d’huile, de crème et de confiture. Pour le plus grand plaisir de ses clients, comme Morgane, 32 ans. « Ce n’est ni du bio ni du n’importe quoi et c’est cela que je recherche . J’adore ce commerçant. » 

M. L. et J. M.