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Photo : Flora Chauveau et Clémence Curty

Elle souffre de maux de tête et de vertiges. Elle ne se dit pas malade mais polluée par la multiplication de ces flux invisibles : les ondes électromagnétiques. Veronika est électrosensible. Beaucoup voient ce syndrome comme un nouveau prétexte qu’ont trouvé quelques hypocondriaques pour se plaindre. Mais l’électrohypersensibilité révèle quelque chose de notre société : la peur des ondes.

Elles sont partout : de notre téléphone mobile à l’antenne qui domine notre maison, du Wi-Fi qui permet de se connecter à l’internet sans fil au micro-ondes de notre cuisine… Tous ces objets du quotidien génèrent un champ électromagnétique. Avec le progrès technique, de plus en plus d’objets sont connectés (chauffage de la maison, matelas à capteurs…). Les transferts de données vont de plus en plus vite. La 4G, une connexion mobile sans fil que les opérateurs installent sur tout le pays, permet de télécharger un film en 10 secondes.

Un premier texte remis dans les cartons

Y a-t-il un véritable danger ? Les scientifiques ne sont pas unanimes. Mais un nombre croissant de citoyens se mobilisent dans des associations comme Robin des Toits ou Priartem. Une mobilisation qui a interpellé Laurence Abeille. La députée écologiste a présenté un premier texte en janvier 2013. Son but : appliquer le principe de précaution et limiter au maximum l’exposition de la population aux ondes. Mais le texte n’a pas eu le temps d’être débattu à l’Assemblée nationale : il a été renvoyé en commission. Comprendre : il a été remis dans les cartons. Un an plus tard, Laurence Abeille a présenté une deuxième proposition de loi. Plus question d’évoquer le principe de précaution, le texte est une version édulcorée du précédent. Il se limite à davantage de sobriété et de transparence dans l’exposition aux ondes : il réclame plus de concertation avec les habitants quand une antenne-relais est installée, davantage de prévention sur les risques du téléphone mobile, la désactivation par défaut du Wi-Fi sur les boîtiers internet, etc.

Cette proposition s’appuie sur les conclusions d’un rapport publié par l’Anses en octobre 2013. Le groupe d’expert a étudié une bonne partie des études réalisées sur le sujet des ondes. Résultat : à première vue, elles ne sont pas nocives. Mais quelques études démontrent qu’une exposition fréquente et à long terme pourrait provoquer des tumeurs au cerveau. Leur recommandation : maîtriser l’exposition, notamment des enfants. Le calcul a été le bon. La proposition de loi a été votée en première lecture le 23 janvier. 

C'est Fleur Pellerin, alors ministre de l'Économie numérique, qui avait renvoyé en commission la première proposition de loi sur les ondes. Avant de laisser son poste suite au remaniement, elle disait considérer le nouveau texte comme bien meilleur.



Cependant à la sortie de l'Assemblée nationale, les membres des associations Priartem et Robin des Toits restaient inquiets.



La proposition de loi sera discutée au Sénat le 17 juin.

F. C., C. C., M.-A. L.


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