photo_1_.JPG « Bien que nous n’ayons pas de preuves médicales, nous préférons appliquer le principe de précaution. En matière d'ondes, nous estimons qu’il est possible d’avoir un seuil de 2 volts par mètre dans la ville, et de communiquer tout à fait normalement. » Monique Maupuy, maire adjointe aux nouvelles technologies dans la précédente municipalité, expliquait ainsi les choix de la ville de Tours. Dans la cité tourangelle, le seuil de sûreté en matière d’exposition aux champs électromagnétiques est effectivement relativement bas par rapport à la moyenne nationale.  « Nous ne sommes pas les seuls, précisait l'élue. Beaucoup de villes le font, mais officieusement. »

Une charte, signée en 2003, impose aux opérateurs de demander l’autorisation de la ville dès que la moindre modification ou installation d’antenne relais est prévue. Ce qui a permis un déploiement plutôt équilibré et transparent des antennes. Le texte prévoit également des réunions trimestrielles entre opérateurs, habitants et propriétaires des immeubles. Les antennes étant généralement implantées sur les toits de bâtiments hauts. Le champ électromagnétique est par ailleurs mesuré avant et après la pose d’une antenne relais.

Une ville expérimentale

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Quant aux opérateurs, ils s’adaptent au principe de précaution appliqué. Pour Tristan Bonamy, chargé de relations extérieures chez Bouygues Telecom Grand-Ouest, « respecter un seuil n’implique pas de réduire la couverture de la ville en 3G et 4G. En revanche, les procédures d’installation d’antennes sont plus longues et plus coûteuses ». Le prix à payer par les opérateurs pour rassurer des clients toujours plus nombreux. Dans l'agglo ToursPlus, ils sont près de 350 000 à utiliser chaque jour les réseaux cellulaires.

La cité tourangelle a été sollicitée en 2009 par le Grenelle des ondes – un débat national lancé par Nathalie Kosciuzko-Morizet, alors secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique – pour devenir ville expérimentale en matière de concertation. Afin de rassurer les habitants, la municipalité a prôné une « démarche pédagogique ». Les Tourangeaux pouvaient ainsi demander une mesure du niveau des ondes électromagnétiques dans leur logement. La ville s’est vue offrir par le ministère de l’Environnement une sonde permettant de mesurer le niveau du champ électromagnétique mais également sa source : FM, Télécoms, Wi-Fi… La mairie s’est alors engagée à faire le nécessaire en cas de taux anormalement élevé. Espérons que la nouvelle municipalité continue sur cette lancée.

F. C. C. C., M.-A. L.
Photos : Flora CHAUVEAU et Clémence CURTY

Pour aller plus loin

Rapport de la mairie de Tours sur la mesure des champs électromagnétiques effectuée dans un appartement de Tours Nord

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