rayons_re_duit.jpgC’est un réflexe classique. Plonger le bras entre les étagères de yaourts pour trouver le paquet qui porte la date de péremption la plus éloignée. Les distributeurs sont tenus de respecter ces dates. Ils doivent retirer les produits frais (produits laitiers, viande, pain de mie) des rayons avant la date limite de consommation (DLC). Les produits moins fragiles comme les conserves, les biscuits, les pâtes comportent une date limite d’utilisation optimale (DLUO). Ils sont retirés quinze jours avant cette date, alors qu’ils sont sans danger pour la santé. A cela s’ajoute la différence infime entre “ à consommer avant le ”, qui indique une DLC, et “ à consommer de préférence avant le ”, qui indique une DLUO. Or, qui a le temps de se soucier de cette subtilité quand il fait ses courses? 

Ce respect scrupuleux des dates est en grande partie responsable du gaspillage. Les produits sont jetés sans en vérifier l’aspect ni l’odeur. Les fabricants sont tenus de fixer une date pour garantir la sécurité sanitaire. Ils sont libres de la raccourcir même si le produit ne se dégrade pas aussi vite qu’ils le prétendent. Des aliments à consommer rapidement ont plus de chance d’être jetés. Ils seront vite remplacés par d’autres, faisant grimper le chiffre d’affaires de l’agroalimentaire. Au moment où le pacte national était signé, le site Internet d’Europe 1 révélait les pratiques douteuses des industriels. Un fromage voit, par exemple, sa durée de vie multipliée par quatre quand il est vendu dans un département d’outre-mer. De quoi y regarder à deux fois avant de jeter un produit qui n’aura pas eu le privilège de voyager si loin.

Photo: Julie Dubois