brasserieportraitweb.jpgThierry Roche voulait ouvrir une brasserie au cœur de Paris. Mais comment se démarquer des Heineken et des bières de trappistes ? Il décide d’épicer un savoir-faire très franchouillard en parfumant ses boissons à l’esprit de son quartier, la Goutte d'or piments, dattes ou gingembre. L'idée, c'est bien. Mais disposer du financement pour la réaliser, c'est mieux. Il s'est donc tourné vers le crowdfunding.

Lancer une campagne sur la plateforme Ulule, c’était aussi une façon de tester son projet, de vérifier qu’il recueille l’assentiment et apprendre à en parler. Sa collecte est complétée à 109 % en janvier 2012. A la clé, 8 000 euros pour acheter les fûts en inox et les filtres à houblon.

Il avoue que la séduction est essentielle pour réussir une levée de fonds. « Il faut avoir un sens de la mise en scène. C’est pareil quand vous présentez un dossier à une banque, vous ne vous pointez pas avec un torchon. » Facile à dire, et plutôt facile à faire pour celui qui a travaillé dix ans dans la communication. En véritable pro, il a fidélisé une communauté autour de son projet, il l'a tenu informée via Internet, a organisé des dégustations IRL (In Real Life pour les moins geeks d’entre vous). « Si vous n’avez pas de page Facebook, pas de newsletter, que vous n’avez aucun ami et que vous êtes seul au monde, c'est plus compliqué. »

Thierry a bénéficié de tous les avantages du crowdfunding davantage de crédibilité face à sa banque et un réseau constitué. « Les gens qui s’intéressent à un projet vont en parler, devenir les ambassadeurs. Ils seront peut-être de futurs clients. Dans mon cas, leur présence a rassuré ma banque », explique-t-il.

Le nouveau brasseur est installé depuis un an et demi au 28, rue de la Goutte-d’or. Pour une première, il s’agit d’une réussite.

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Capture d'écran de la campagne de Thierry Roche sur la plateforme Ulule.

Cécilia SANCHEZ et Elisabeth SEGARD