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« Ne faisons pas les choses à moitié. L'école toute la journée, du temps en plus. » Campagne de publicité du ministère de l'Education allemand

 

Plus d’après-midi à la maison avec maman, la télé et Internet. Le modèle allemand, célèbre pour son école uniquement le matin, a vécu. A l'origine de cette révolution, un traumatisme. En 2000, l’Allemagne se découvre mauvaise élève. Elle est classée en dessous de la moyenne au Pisa, une enquête internationale sur les acquis des élèves. Un choc qui sert de catalyseur aux réformes. Le gouvernement Schröder décide de changer la philosophie du système éducatif pour faire de l’école un lieu de vie et pas seulement d’apprentissage.

C’est ainsi qu’est née la Ganztagsschule ou l’école « toute la journée ». Elle est ouverte jusqu’à 16 ou 17 heures, trois fois par semaine au minimum. Les cours sont dispensés matin et après-midi. Les élèves bénéficient de l’aide aux devoirs, de soutien individuel, d’activités sportives et culturelles et de cours d’allemand pour les enfants d’immigrés.

Mais les réformes se heurtent au fédéralisme allemand. Alors qu’en France, les changements s’appliquent à l’ensemble du territoire, en Allemagne, les länder sont libres de les adopter ou non. En 2002, peu d’entre eux ont accepté l’aide de l’État pour embaucher de nouveaux enseignants, mettre en place des dispositifs et aménager de nouveaux locaux. En 2013, seul 12 % des élèves de Bavière bénéficient de l’école toute la journée, contre 70à 80 % en Saxe, en Brandebourg et en Westphalie.

Chorale ou foot, arts plastiques ou photo, souvent c’est l’élève qui décide de l’activité qu’il souhaite découvrir dans la journée. Les intervenants sont des éducateurs extérieurs ou des profs de sport, de théâtre, de musique. Ces activités sont à la charge des familles mais les plus modestes peuvent bénéficier du soutien financier de l’État. Dans les campagnes, il est plus difficile de trouver des intervenants. Alors, les parents viennent au secours des communes. Ils se rendent à l’école pour jouer à des jeux de société, bricoler ou inculquer le goût de la lecture. L’église, catholique ou protestante, dispense,elle, des cours aux élèves en difficulté et met à disposition des locaux.

Sociologues et psychologues sont satisfaits : moins de stress, plus de bien-être et de créativité. Appliqué différemment d’un land à l’autre, la Ganztagsschule prouve son efficacité. En 2013, l’Allemagne se place au dessus de la moyenne dans le rapport Pisa, le nombre d’élèves en difficulté est passé d’un quart à un cinquième.

Nadi Driamina