Autiste, Carla a été déscolarisée peu de temps après son entrée en maternelle. En cause, son comportement jugé inadapté. Un coup dur pour ses parents, qui se sont tournés vers Autisme espoir vers l’école. Les bénévoles de cette association appliquent la méthode des 3i (voir ci-dessous). L’objectif : stimuler la petite fille et lui redonner confiance en elle, pour qu’elle puisse retourner à l’école.

 


Pour Carla, les bénévoles sortent le grand jeu par asjtours
Photos : J. C.
 

 

Les 3i, la méthode fait débat

L’association AEVE pratique la méthode des 3i – pour individuelle, interactive, intensive. Le principe est de repasser par tous les stades de développement d’un bébé. Par le jeu, on cherche à connecter les neurones afin que l’enfant poursuive une évolution normale. Des bénévoles se relaient pour stimuler le jeune dans une salle dédiée. Le but : établir une communication visuelle, sensorielle, gestuelle et verbale.

Mais la méthode n’est pas appréciée par tous. « Les bénévoles ne sont supervisés que par une psychologue, ça ne suffit pas », critique Joëlle Malvy, pédopsychiatre à Tours. Aeve prône l’exclusivité de son accompagnement et le principe « zéro école ». Selon la spécialiste, « la déscolarisation est problématique. C’est toujours délicat de rompre avec le tissu social. » Les responsables de l’association, eux, estiment que l’enfant doit d’abord établir une communication avec le monde extérieur avant de côtoyer d’autres jeunes. Quitter l’école pour mieux y revenir, une position en contradiction avec la Haute Autorité de santé, qui ne recommande pas la méthode des 3i. L’instance critique « l’exclusivité de l’accompagnement, car l’abandon d’interventions peut présenter un danger ou induire une perte de chances pour la personne ». D’après la directrice d’Aeve, des évaluations scientifiques sont en cours pour établir l’efficacité de leurs pratiques.

Lina BENSENOUCI, Justine CANTREL et Nathalie SIMONET-PICARD

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