Entre l'envie et le manque, la frontière est flou.

Après des heures d’euphorie arrive la redescente. « Pendant plusieurs heures voire une journée, une très grande fatigue s’empare du corps » explique, Clara, jeune consommatrice habituée des soirées poudrées. Contractés par l’effet excitant, les muscles se relâchent. Mais la difficulté, c’est de gérer la déprime. Paula, étudiante, vit toujours mal le lendemain : « C’est affreux. Je n’ai plus envie de rien et j’ai l’impression que je ne pourrai plus être heureuse. » La redescente est proportionnelle à la dose ingérée. Malgré ces souffrances, après quelques jours, l’envie irrépressible de retrouver les sensations liées à la drogue reviennent. C’est ce que l’on appelle le craving. « Je ne m’amuse plus quand je n’en prends pas », affirme Clara.

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Photo : D. Sinclair Terrasidius/Flickr CC

C'est une drogue insidieuse si on en croit l’addictologue Nicolas Ballon : « Au début, la consommation reste dans un cadre festif, hors des heures de travail. Mais pour ceux qui perdent le contrôle de leur consommation, la cocaïne finit par envahir le reste de la semaine. » S’il n’y a que 15 à 20 % des consommateurs de cocaïne qui finissent dépendants, « elle entraîne une plus forte dépendance psychique que les autres produits, dépendance qui survient au cours des deux premières années ». Même l’alcool ne rend pas accro aussi rapidement.

Un problème majeur puisqu’il n’existe aucun traitement de substitution, comme le Subutex pour lutter contre la dépendance à l’héroïne. Chaque médecin a sa propre méthode. Le meilleur moyen pour s’en sortir reste de rompre avec ses habitudes. S’éloigner de toute tentation en s’isolant quelques semaines. Nicolas Ballon recommande une cure de quatre à douze semaines en centre de soin.

Iris CHARTREAU, Emma PFISTER-NICOLAS et Guillaume SAUZER

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