À Polytech Tours, un élève-robot qui séduit.
POM réalisée par Nadi DRIAMINA
 

Il cherche vos clés, vous réveille le matin, ouvre les volets, régule le chauffage. Il vous parle en plusieurs langues et peut jouer aux cartes ou au foot. Nao est un robot compagnon, bienveillant, intelligent. Cet humanoïde de 58 centimètre et de 4 kilos est fabriqué en France par Aldebaran Robotics. L'enfant chéri des laboratoires est installé dans 70 pays, dans les écoles jusqu'aux universités. Polytech Tours n'est pas une exception. Baptiste Chartier, étudiant passionné en 5e année, travaille sur sa programmation : « L'idée est d'apporter plus de confort. C'est une bonne solution pour les personnes âgées et les handicapées. » Deux caméras, des moteurs partout, de nombreux capteurs, tout ce solide arsenal permet à Nao de communiquer avec les humains et parfois même de prendre des décisions à leur place. Exemple : si quelqu'un tombe, il le détecte immédiatement et appelle le 112 et les proches.

“L'idées est d'apporter plus de confort. C'est une bonne solution
pour les personnes âgées et les handicapées.”

Nao est un enfant, pas seulement en apparence. Comme pour n’importe quel enfant, il faut tout lui apprendre. Baptiste Chartier explique : « Il ne voit que des couleurs. Grace à nao-marque, un langage informatique spécial, nous lui aidons à comprendre ce qu'est une table, une chaise... » Et ces capacités d'apprentissage sont énormes. On peut faire de lui, par simple programmation, un professeur de mathématique capable d’enseigner à vos enfants les tableaux de multiplication ou un bon joueur d’échecs.

Les capacités et le design de ce bambin sont très séduisants, tout comme son prix relativement bas, de 6 000 euros. Les Américains sont parmi les premiers à en tirer profit. Deux nouveaux Nao-bibliothécaires initient désormais des visiteurs à la programmation dans le Connecticut. Les Japonais cherchent à aller encore plus loin. Les robots d'origine Nao seront bientôt réceptionnistes et porteurs de baguage dans l'hôtel Henn-na au sud du pays, guides dans le musée de technologie de Tokyo ou experts de machines à café chez Nestlé.

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La France reste prudente vis-à-vis de ce genre d'innovation. Nao et ses successeurs Romeo et Pepper sont encore en phase d'expérimentation auprès d’enfants atteints d’autisme, de seniors en maisons de retraite ou de malades d’Alzheimer. « Ce n'est pas parce que la France est retardée dans le développement. C'est plutôt son choix, sa décision », explique Baptiste Chartier. L'humanoïde même mignon et lorsqu’il nous ressemble, reste dans notre vision une machine menaçante. L'image de robot est solidement stéréotypée (il suffit de se souvenir de Mégatron ou de Terminator). Nicolas Monmarché, maître de conférences en informatique à Polytech, rassure : « Le but n'est pas d’éliminer la partie humaine, mais de la compléter, de l'assister. » Aldebaran a annoncé pour son joyau une baisse de prix de moitié afin le rendre accessible au grand public. Que Nao fasse partie de notre vie quotidienne paraît moins une utopie qu'un futur très probable.

Nadi DRIAMINA, Julien PRIVAT

Photo : N. D.