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Atelier Photo Muzard

Vous portez le costume de Scott la Mascotte depuis déjà cinq saisons, qu’est-ce qui vous pousse à continuer ?

Pierrick Raux. Quand je porte le costume, je n’ai pas peur du ridicule. Je peux me lâcher, faire le con. Cela me permet de rencontrer plein de gens. Une supportrice m’a même offert des chocolats au dernier match. Et les enfants m’adorent !

Être mascotte est un emploi du temps prenant, il y a une trentaine de matchs par an…

P. R. C’est vrai que c’est un bénévolat qui prend du temps. J’anime pendant les matchs, je gère le Twitter et le Facebook de Scott. Mon travail ne me laisse pas beaucoup de temps libre, j’ai beaucoup d’astreintes. Mais tant que je peux, je continue. Lucie, ma copine, est très compréhensive et m’accompagne souvent aux matchs. Elle adore raconter aux gens que son copain, c’est Scott.

Votre travail est prenant ?

P. R. Ça surprend toujours les gens (rires), mais je bosse aux pompes funèbres. Une mascotte croque-mort, vous imaginez ? Enfin plus exactement, je suis chauffeur-porteur, je transporte les défunts. C’est un métier qui impose de gérer ses horaires du jour pour le lendemain. Mais c’est grâce à Scott que j’ai décroché ce job : mon ancien patron était sponsor du club de basket. 

Pas trop difficile de passer du rire aux larmes ?

P. R. J’ai forcément une attitude très différente entre le moment où je suis mascotte et quand je suis au travail. Lorsqu’ils me connaissent en tant que Scott, les gens n’en reviennent pas que je sois croque-mort. Et lorsqu’on me connaît via les pompes funèbres, on pense tout de suite que je fais ça pour compenser le fait de travailler avec les morts. Alors que pas du tout, cela ne me gêne pas de voir des défunts.

Scott a toujours la pêche. Comment arrivez-vous à transmettre cela au public ?

P. R. Cela dépend beaucoup si l’équipe gagne ou perd. La musique aide beaucoup : si c’est la kalinka, je fais applaudir les gens en rythme. La solution la plus simple est de faire la ola. Il y a toujours quelqu’un qui se balade avec une caméra sur le terrain qui retransmet ses images directement sur le grand écran. Dès que je commence, il se fixe sur moi et cela provoque une réaction en chaîne.

On dit souvent que vous êtes la seule mascotte de France a pouvoir dunker…

P. R. Je dunke avec un trampoline. C’est vraiment très dur. Avec le costume, je ne vois pas bien, j’ai chaud, je transpire, il est difficile de respirer... Je me suis pris de belles gamelles, il y en a que l’on peut voir sur Internet d’ailleurs. Je tente aussi le shoot du milieu de terrain. Parfois ça rentre, parfois ça ne rentre pas.

Vous avez déjà eu des difficultés à faire monter l’ambiance ?

P. R. J’ai parfois l’impression d’agacer les gens plus qu’autre chose. S’ils ne veulent pas bouger de leur chaise, ils ne bougeront pas. Mais cela ne m’empêche pas de m’amuser. Je fais des tours en trottinette, je cours avec des grands drapeaux et je distribue des bonbons. Ça fait des ravages avec les enfants. 

Cela arrive que Scott fasse peur à des enfants ?

P. R. De temps en temps, surtout aux enfants de moins de 5 ans. Ils se mettent à crier et à pleurer quand j’approche. J’essaye d’être drôle pour être moins menaçant. Les parents touchent la fourrure du costume pour les calmer mais cela ne marche pas toujours. Il est aussi arrivé que des enfants réclament Scott mais se mettent à pleurer lorsque j’arrive. Avec les cornes, la bouche, les yeux, le costume peut effrayer. Mais toutes les mascottes sont confrontées à ça.

Ce sont des enfants qui ont créé Scott d’ailleurs...

P. R. La mascotte a été créée en 2009 ou 2010. Le club savait que ce serait un élan et a lancé un concours dans les écoles primaires pour que des classes trouvent lui trouvent un nom et une histoire. Du coup, Scott est un élan qui s’ennuyait au fond de sa forêt au Canada et est venu en France pour faire la mascotte.

Scott a du succès avec tout le monde sur le terrain ?

P. R. Les trois quarts des photos que je fais sont avec des enfants. Je signe des autographes, aussi. Il arrive que des adultes viennent me voir quand je suis en « Pierrick ». Parfois, une personne qui me connaît va dire « hey, ce gars, c’est la mascotte » et ceux qui l’accompagnent vont vouloir prendre une photo avec moi.

Ophélie SURCOUF

 

 

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